Un an après, nous rapprochons de la construction d’un procès juste.

Une année s’est écoulée depuis la tentative, le 12 février 2013, de me soumettre à un jugement sans témoins, sans temps de préparation et en pré-condamnant les arguments de la défense. Mais cela n’a pas réussi.
 
Depuis, j’ai vécu plus de 365 jours dans la clandestinité, protégeant derrière les tranchées ma liberté de ne pas être soumis à la volonté d’un État auquel je n’ai pas décidé d’appartenir.
 
À distance, je continue à observer que les banque restent intactes et conservent les mêmes privilèges et pratiques destructives pour l’humanité que ceux qui m’ont poussé à agir il y a plusieurs années. Je vois aussi que les États continuent non seulement à restreindre des droits sociaux, mais aussi certaines des libertés individuelles et civiles essentielles.  
 
Je ne vais pas m’étendre sur ce sujet car les réseaux sociaux ne parlent que de cela, mais je trouve que chaque jour qui passe légitime tout autant les actions passées que les projets que nous menons à bien à l’heure actuelle.  
 
Je ne changerai pour rien au monde ma décision de ne pas me présenter au jugement il y a un an. Cela m’a permis, par le biais d’Internet, de pouvoir participer pleinement et sans interruption au processus historique et révolutionnaire de la Coopérative Intégrale Catalane, dont nous avons diffusé le résumé de l’année 2013 (http://enricduran.cat/es/para-acabar-iel-ano-la-cronica-de-lo-que-ha-hecho-la-cic-el-2013/)
 
Le chemin de la CIC relève de nouveaux défis et vise des objectifs tels que :
 
Soutien à la prise en main de son destin personnel dans tous les domaines de la vie. Projection intégrale des personnes participant à la révolution intégrale.
 
Soin des relations humaines dans tous les domaines de la CIC (espaces de travail, espaces communs, espaces d’affinités, etc.).
 
Renforcement des processus d’autogestion à l’échelle locale. Accent mis sur la promotion de projets productifs sur le territoire.
 
Renforcement des processus de génération du système public coopératif.
 
Indépendance du système bancaire, renforcement des mesures de paiement, consolidation de l’économie interne entre membres de la CIC et de la commercialisation coordonnée de la production réalisée par ses membres.
 
Élargissement du nombre de personnes possédant des connaissances globales de la CIC et participant activement au processus.
 
Ce sont des objectifs suffisamment importants pour que je leur consacre la plus grande partie de mon énergie et que je risque ma liberté, alors que nous continuons à avancer, pas à pas, vers la création d’un monde nouveau, l’un de ceux qui doivent se trouver sur notre planète.
 
Pendant ce temps, dans la caverne du vieux monde, on continue à ignorer les motivations de fond de cette action, tout en maintenant le monopole de la force octroyée par les mêmes privilégiés qui ne sont jamais condamnés. Avec moi, cela ne marchera pas. 
 
 
Depuis la dernière mise à jour, il y a du nouveau.
 
Après plusieurs mois où il m’avait été refusé un droit aussi essentiel que celui de pouvoir me défendre lors d’une procédure de justice, j’ai été informé fin octobre –enfin ! –qu’une avocate d’office avait été désignée pour mon cas (7 mois après le compte rendu qui l’annonçait).
 
La dernière nouvelle de janvier 2014 relative à cette procédure en justice est que celle-ci a été suspendue pour une durée indéterminée en raison de mon absence (voir le compte rendu de la deuxième section de l’audience provinciale : http://enricduran.cat/?attachment_id=3942).
 
Parallèlement, il a été annoncé que mon nom est inscrit sur le registre des rebelles géré par le ministère de la Justice espagnol ! En vérité, c’est le seul registre dans lequel je me sens à mon aise… 
 
Je m’étais déjà déclaré rebelle dans le communiqué du 20 février 2013 dans lequel je remettais en question le système juridique actuel : http://enricduran.cat/es/comunicado-de-enric-duran-13-ni-leyes-para-mantener-las-desigualdades-ni-juicios-que-perpetuen-la-opresion/.
 
Dans ce communiqué, j’indiquais qu’il était nécessaire de construire une alternative au système judiciaire actuel. Depuis, nous avons travaillé et nous continuons à le faire pour que la résolution du conflit entre les mondes que présente mon cas ce fasse au moyen de l’extension d’une nouvelle manière de comprendre la justice.
 
Ainsi, voici une nouveauté importante : avec le soutien du groupe de travail de justice restauratrice avec lequel nous travaillons depuis l’été, j’ai demandé une médiation restauratrice à un groupe de personnes formées et expérimentées dans ce domaine. Ma proposition a été prise en compte et ces personnes ont commencé à travailler pour générer un processus d’interlocution directe entre les plaignants (banques, ministère public, etc.) et les personnes qui sommes liées à et défendons l’expropriation bancaire.   
 
Restez attentifs à mon blog, car il y aura d’autres nouvelles dans les prochaines semaines !
 
Enric Duran
17 février 2014

justiciaCAT

 

Cooperativa Integral Catalana: CHRONIQUE DE L’ANNÉE 2013 : Où en sommes-nous et vers quoi allons-nous ?

Samedi 14 décembre se déroulait le bilan collectif de l’année 2013, au cours des journées de l’assemblée XL de la CIC, célébré à l’espace Eco-Nens, à Cerdanyola del Vallès. Nous avons décrit le chemin parcouru par la Coopérative Intégrale Catalane au long de l’année 2013, d’où nous sommes et la direction que nous prenons.

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CHRONIQUE DE L’ANNÉE 2013 :

Où en sommes-nous et vers quoi allons-nous ?

COOPERATIVE INTEGRALE CATALANE. Décembre 2013

 

Introduction

 

Nous avons introduit dans ce texte, une description du chemin parcouru par la Coopérative Intégrale Catalane tout au long de l’année 2013, à partir de là où nous en sommes et de la direction que nous prenons.

Cette année, nous avons continué à consolider le processus d’auto-organisation de la CIC. La planification des priorités stratégiques pour 2013 ainsi que l’élaboration du budget commun 1 selon les prévisions économiques de cette année, ont été le point de départ que nous avons choisi pour ces XXXèmes rencontres assembléaires célébrées en Janvier à Can Biarlu 2.

Durant cette année, la CIC a attribué et redistribuées quelques 20 000 unités monétaires chaque mois, en Euros comme en Ecobasics3 vers les besoins et priorités communs. La consolidation de notre propre économie nous a permis de couvrir les besoins des personnes, des commissions et des projets liés aux domaines communs de la CIC. C’est important de le souligner.

La consolidation des sources d’autofinancement au travers du réseaux de projets autonomes (membres autonomes) et de l’activité économique — toutes deux tournées vers l’extérieur — la désobéissance économique collective à la TVA, et l’augmentation générale du nombre de membres, nous a permis de faire fructifier l’économie commune de la CIC. En 2014, nous continuerons à travailler à la diversification de ces sources.

 

Nous sommes à ce jour environ 1700 personnes à prendre part à la CIC. Des membres individuels et collectifs dont 500 participent à des projets autonomes4. On compte à peu près 2 à 3 adhésions par jour et en trois ans passés, nous n’avons pas enregistré de baisses significatives du nombre de membres.

La monnaie sociale, l’ECOcoop5, a elle aussi commencé à enrichir ce fond commun principalement au travers des membres autonomes qui ont apporté quelques 1500 unités durant les derniers mois de l’année. L’utilisation et la présence de monnaie sociale continuent à progresser, principalement dans le domaine de l’approvisionnement et dans les échanges menés de manière décentralisée, avec la consolidation aussi de l’outil commun de communication “CIC-Intercanvis”6 [voir l’Annexe comportant les statistiques sur la monnaie sociale dans le CES de la CIC]

Le réseau territorial s’alimente de multiples processus autonomes d’auto-organisation comme les EcoRéseaux (Ecoxarxès) au niveau biorégional (au nombre d’une quinzaine), les noyaux locaux d’autogestion au niveau des villages (environ une dizaine), et le reste des projets communautaires et/ou collectifs sur tout le territoire.

Dans la stratégie de priorisation des domaines communs, le Système Public Coopératif (SPC) est des plus remarquables. Il s’agit d’une proposition autogérée pour articuler les systèmes d’auto-organisation au service du bien commun (réellement public) qui nous permettent de nous approvisionner et de couvrir nos besoins vitaux en marge de l’État et du marché. Chacun des domaines de la SPC se coordonnent et se dynamisent au travers des bureaux correspondants, des espaces de travail assembléaires autonomes directement reliés au processus assembléaire commun.

En interne, l’organisation s’articule en commissions de travail, lesquelles dynamisent les différents domaines communs, maintiennent les outils communs et coordonnent tout cela en faisant réseau à différents niveaux. Comme c’est le cas dans les bureaux, les commissions sont ouvertes et établissent une relation interdépendante et autonome sur la base des principes et accords collectifs qu’elles exécutent au quotidien.

Pour le moment, les commissions actives et qui ont une dynamique de travail consolidée sont les suivantes : Accueil, Communication et Diffusion7, Informatique et Télécommunications, Gestion Économique, Juridique, Projets Productifs, Coordination et Nécessités basiques vitales. Cela veut dire qu’à l’heure actuelle, 30 personnes s’impliquent et assument des responsabilités dans ces différentes commissions et dans les bureaux du système public coopératif et perçoivent une allocation de ressources.

Tout au long de 2014, nous continuerons à renforcer de nouveaux domaines de travail. Nous activerons des commissions et bureaux inactifs avec le soutien de nouveaux groupes de travail qui nous aident à continuer d’étendre l’autogestion et l’auto-organisation. De ces priorités, la création et le renforcement d’aires de travail liées à l’amélioration des dynamiques internes — notamment sur la gestion de conflit et les relations humaines en général — est la première de toutes.

Notre processus assembléaire est ouvert et se maintient comme tel au travers d’une gymnastique quotidienne de l’imaginaire du conseil ouvert8. Ce processus repose sur les rencontres assembléaires monographiques que nous célébrons chaque mois, et les assemblées permanentes qui ont lieu tous les quinze jours (les dimanches ou les lundis selon que les rendez-vous se superposent)

La dynamisation de nos assemblées n’est pas un processus simple, de par leur caractère ouvert, les différences entre les personnes, ou encore la complexité d’arriver à des accords par un consensus dans le cadre du bien commun. Dans tous les cas, nous continuons l’apprentissage vivant, au travers de la pratique assembléaire, générant de nouveaux systèmes de relations équitables basées sur les principes d’égalités

En ce mois de décembre, nous célébrons la 50ème Journée Assembléaire, plus de trois ans et demi après le début de l’articulation du processus d’autogestion de la CIC, lors de la 1ère Journée Assemblaire9 Barcelonès, Alt Penedès, Baix Camp, Osona, La Garrotxa, Maresme, Baix Llobregat, Conca de Barberà, Pallars Jussà, pallars Sobirà, la Selva, Garraf, Anoia, Vallès Occidental, Vallès Oriental, Solsonès, Segrià, Pla de l’Estany, Baix Empordà, Terra Alta et Tarragonès sont les cantons dans lesquels nous avons été présents par des Journées Assembléaires durant cette période. Nous avons parcouru une partie de la Catalogne en construisant ce processus à travers des journées monographiques de débat et de réflexion, accordant les lignes d’action stratégiques auto-gestionnaires aux expériences que nous avons vécues sur le terrain.

 

Système public coopératif

Le système public coopératif est dynamisé depuis les différents bureaux, avec l’appui des réseaux autogérés qui travaillent de façon coordonnée pour l’intérêt général, sur des principes de coopération et de soutien mutuel, dans chacun des domaines relevant de besoins vitaux, individuels et communautaires.

– La Centrale d’Approvisionnement Catalane fournit un total de 19 rebosts (greniers)10 sur tout le territoire, met en relation 21 producteurs et distribue 133 produits non périssables. 49,56% des échanges économiques se font avec de la monnaie sociale, 38,20% en ECOcoops et 11,36% en écobasics.

Tous les mois, on parcourt le circuit d’approvisionnement principal reliant différents cantons et bientôt sera mis en circulation un nouveau circuit qui approvisionnera en agrumes provenant de Castellón.

Le Bureau d’Education continue de produire les bases d’un futur système éducatif coopératif, sur les critères de réseaux communs d’éducation active et une stratégie de viabilité économique basée sur le principe que chaque famille puisse contribuer selon ses possibilités. De plus, nous travaillons également sur la protection juridique des écoles actives pour les accompagnateurs, les mineurs et les familles qui sont poursuivis par l’État. dans cette optique, le groupe de travail PIRIS11 a été mis en place.

Concernant l’éducation des enfants, nous travaillons toujours en collaboration avec la XEL (Réseau d’Éducation Libre) et nous appuyons et soutenons de nouveaux projets d’éducation respectueuse comme l’Albada, à Arbúcies 12. En début d’année aura lieu la troisième rencontre d’adolescents et l’un des principaux objectifs sera d’élaborer une proposition en vue de créer un système de formation pour adultes, cohérent avec la révolution intégrale.

Le Bureau de la Santé13 se trouve en plein processus de restructuration pour atteindre l’objectif d’appuyer et de consolider le Système de Santé Coopératif (SSPC), dans le cadre de sa troisième phase14 L’objectif sera de remettre en fonctionnement les compétences du SSPC et les formations des facilitateurs de santé, pour renforcer le réseau de centres de santé pluridisciplinaires, dans le cadre du système mutualiste communautaire.

Dans le domaine de la santé, le réseau Som Salut15 (« nous sommes la santé ») a pour fonction d’être un point de rencontre pour toutes les personnes, facilitateurs, projets et centres de santé dans le cadre d’un nouveau paradigme basé sur la médecine unifiée et le modèle holomédical.

Le Bureau du Logement débute une nouvelle phase après l’expérience de deux ans durant lesquels il a construit les bases d’une nouvelle politique de logement. Il y a encore beaucoup à faire pour systématiser la gestion des informations et des contacts qui faciliteraient la mise en place de nouveaux projets de logements collectivisés et/ou à usage social. De la même façon, beaucoup de travail a été accompli dans des domaines comme le repeuplement rural (dynamisé de façon autonome par le groupe de Repeuplement) 16

Le Bureau des Transports sera mis en place en 2014 avec différents axes: la sensibilisation à ce que nous appelons “bons usages des transports”, faciliter le covoiturage, partager les transports, consolider le réseau de récupération d’huile Posa-hi Oli17 (Mets de l’Huile), créé en 2013 pour favoriser l’usage de combustibles non fossiles, mettre en place un réseau de réparation de véhicules et de vélos, et enfin faciliter l’accès au transport public gratuit.

Nous travaillons également depuis peu dans un autre domaine, le Réseau CTiT (Science, Technique et Technologie), depuis lequel nous coordonnons les personnes et projets en relation avec la technologie18.

 

Réseau territorial

La consolidation du réseau territorial est l’une des matières à travailler dans la stratégie d’autogestion à base décentralisée, mais elle compte déjà des expériences très significatives. L’un des processus d’autogestion émergents les plus importants est celui qui se développe dans le canton de l’Anoia, dans le cadre de l’EcoRéseau d’Anoia, et qui est canalisé à travers d’autres projets par le biais de la colonie Eco-industrielle Post-capitaliste de Calafou19, projet de référence de la zone. La collectivisation a débuté il y a deux ans et demi. Pendant ce temps, on avance dans la réhabilitation de la colonie, la collectivité s’étend et on a lancé les premiers processus de fabrication coopérative.

Le Pla de l’Estany est l’autre canton à gros potentiel de transformation, qui compte déjà deux projets de référence: Les Golfes, à Banyoles, et Som Comunitat (nous sommes la communauté), à la Torre de Pujarnol, dans la municipalité de Porqueres.

Nous ne pouvons omettre de mentionner les expériences des EcoRéseaux catalans, comme ceux de Bages, Montseny, Penedès, Pallars, et l’éco-réseau de Tarragone, qui génèrent des créations de monnaie sociale et un volume d’échanges considérable.

Quant aux noyaux locaux d’autogestion, nous comptons l’expérience consolidée de “La Equitativa” de Palamós 20 dans le cadre de l’EcoRéseau de l’Empordà21. Il y a également des noyaux naissants à Bonmartí, Cerdenyola del Vallès, Ripollet et Granollers, alors que ceux de Terrassa sont toujours en place.

Dans le quartier de la Sagrada Familia de Barcelone, AureaSocial22 est déjà depuis un an et demi l’espace de référence de la capitale catalane. C’est un espace de rencontre qui organise le réseau pour de nombreuses commissions, assemblées, initiatives, projets et personnes dans tout le territoire. Récemment, il est devenu un projet public de la Coopérative et dans les prochains mois, il relèvera le défi d’achever la collectivisation de l’immeuble, qui appartient actuellement à la Banque Banco Popular. Fem-lo Comú (Collectivisons-le), c’est-à-dire, faisons en sorte qu’il reste un espace ouvert à la révolution intégrale.

Au numéro 21 de la rue Roig del Raval, se trouve “Roig 2123, une expérience collective de logement social, qui, malgré les difficultés pour se consolider, continue, petit à petit, à renforcer son processus autogestionnaire. Il s’agit d’une réelle victoire remportée face à la Banque24, depuis la fin de l’année 2012, et la continuité du logement social autogéré est assurée pour au moins 5 ans.

L’Infoespai (l’Espace d’Informations), plaça del Sol dans le quartier de Gràcia, également collectivisé à Barcelone, est un autre référent émergent après avoir été le centre névralgique de la coopérative durant sa première année de vie. Actuellement, il fonctionne déjà comme “Rebost” et noyau d’autogestion locale, en plus d’être un espace partagé avec d’autres collectifs partenaires.

Nous devons également citer le projet de Ca l’Estrolic, à Riudellots de la Creu, où finalement la viabilité économique et humaine n’a pas été atteinte,et où la fermeture a été prononcée. L’Art du Soleil 25est la caravane écologique pédagogique qui commencera en 2014 à parcourir le territoire, partageant des outils pour l’autosuffisance, l’autonomie et l’autogestion et étendant l’appel à la révolution intégrale. La caravane est autosuffisante, elle fonctionne avec un combustile écologique et est une communauté itinérante.

L’expérience de la CIC a alimenté d’autres processus dans d’autres territoires et un réseau de coopératives intégrales26 commence à émerger, principalement dans la péninsule ibérique, mais également au-delà, comme la Coopérative Intégrale de Toulouse, qui a fêté il y a peu son premier anniversaire.

Ces autres coopératives intégrales ont fait part de leurs difficultés à achever l’articulation de ce processus et sont seulement en voie de consolidation. Dans tous les cas, on a fêté en 2013 la deuxième rencontre de coopératives intégrales à Alicante, un espace de rencontre où partager des stratégies et consolider nos dynamiques de travail respectives.

Dans la cadre territorial des Pays Catalans, sont également lancés “A Tornallom- Cooperativa Integral Valenciana27, Ecoxarxa Mallorca28, et il y a des processus qui naissent à Minorque et Eivissa.

Initiatives dans le domaine économique

La figure de l’associé autonome est le mécanisme que nous créons pour protéger les petites initiatives de production, autonomes et coopératives face à la bureaucratie de l’Etat. Nous sommes la preuve qu’il est possible de dépasser les limites du modèle entrepreneurial hégémonique (un projet = une entreprise), et de générer un ensemble d’outils économiques et juridiques, pour garantir un réseau d’initiatives diverses de caractère plurisectoriel.

Actuellement, la présence des associés autonomes29 est une réalité dans le territoire, renforcée par le travail d’accueil, qui a été décentralisé à Barcelone 30 et Banyoles, et qui continuera de s’étendre en 2014 à d’autres noyaux comme Igualada ou Palamós, entre autres.

Nous avons passé avec succès les inspections du travail dirigées par un organisme collecteur de la Sécurité Sociale au service du pouvoir de l’État. Dans ce sens, les marchands forment l’un des groupes les plus actifs. En vue de 2014, les foires locales et territoriales seront l’un des axes importants sur lesquels mise la Coopérative pour dynamiser l’autogestion des marchands.

Les crypto-monnaies nous emmènent vers une nouvelle scène économique au travers de systèmes de transactions totalement décentralisées, anonymes et sûres, grâce à la cryptographie. cet aspect sera déterminant, car nous travaillons pour franchir un palier vers l’autonomie financière, et abandonner le système des comptes courants, en plus d’opérer en marge de la banque centrale hégémonique31.

Dans cette logique, nous applaudissons la récente conversion de Fiare32 en entité bancaire reconnue par la Banque d’Espagne, ce qui nous facilitera les opérations bancaires durant cette transition. Quant à la monnaie sociale, nous appuyons toujours le développement de l’IntegralCES33 , qui est en phase avancée, mais qui a besoin de consolider une équipe de travail qui puisse assumer également son maintien.

Nous travaillons à donner davantage de visibilité, et à la commercialisation de l’activité productive des dizaines de projets et d’associés autonomes affiliés à la CIC à travers un marché virtuel34, construit selon les principes coopératifs. Quelques-uns des avantages, sont, par exemple, que chaque projet crée sa propre boutique virtuelle (système multi-boutiques), puisse faire des achats collaboratifs, et garantir des moyens de paiement multi-monnaie, avec des passerelles de paiement diverses, incluant les euros, les crypto-monnaies et les monnaies sociales.

Les dons ont actuellement plus de visibilité grâce à notre page web35, qui permet de varier les moyens de financement, y compris également les monnaies sociales et les crypto-monnaies. Dans la même ligne, nous développons actuellement Coopfunding36, une plateforme de crowdfunding (micro-financement collectif) libre et coopératif, qui sera également mis en place début 2014, et qui permettra d’ouvrir des campagnes de micro- financement dans de nombreux projets d’autogestion partenaires.

La CASX (Coopérative d’Autofinancement Social en Réseau)37est née dans le but d’articuler un outil de financement qui facilitera le financement de projets coopératifs avec l’objectif clair de prendre nos distances avec la bureaucratie par le financement sans intérêts et une organisation à base assembléaire. Elle fêtera prochainement ses 2 ans, depuis son assemblée inaugurale le 21 janvier 2012.

Nous avons reçu pendant ce temps 80000 euros en dépôts, dont 23000 ont été investis dans de nouveaux projets (trois d’entre eux ont achevé leur cycle de financement et ont remboursé leurs prêts respectifs). La CASX compte à ce jour 110 associés.

En avril, la campagne “Remueve tu dinero” (Transfère ton argent) a vu le jour. Elle a eu pour objectif d’inciter les petits épargnants à transférer leurs épargnes de la banque conventionnelle à des initiatives financières éthiques et coopératives comme la CASX. La campagne n’a pas eu les résultats escomptés, mais c’est une voie que nous maintenons ouverte en vue de continuer de peser dans ce domaine.

 

Défi technique et projets de libération technologique

Les systèmes et canaux de communication commerciale se maintiennent sous le contrôle et le monopole des services de sécurité des États, en connivence avec les grandes entreprises multinationales38 . Face à cette réalité hégémonique, l’intelligence collective et le travail collaboratif se développent sur les bases de la protection, de l’autodéfense, de l’auto-organisation, de la sécurité des communications, des valeurs du logiciel libre, du partage et de la décentralisation totale des communications.

Divers groupes d’hacktivistes et de hackers informatiques du monde entier travaillent dans ce cadre, en réseau avec la Coopérative Intégrale Catalane et coopèrent sur les différents fronts technologiques vers l’autonomie, comme le fait Unsystem39. Au delà des outils technologiques mentionnés précédemment, nous pouvons identifier d’autres outils et lignes de travail importantes comme :

Le réseau social autogéré de la CIC40 qui est d’ores et déjà un des outils de références sur le travail quotidien, malgré une prise en main compliquée qu’il faut continuer d’améliorer.

Phone Libération Network (PLN) 41est un réseau de télécommunications libres et autogérées qui nous permet de maintenir le chiffrage et la sécurité des communications vocales. Conjointement avec le réseau de télécommunications libres, ouverte et neutres guifi.net42 nous permet d’esquisser un futur prometteur sur le thème des télécommunications autonomes.

Nous travaillons aussi sur un système de bases de données distribué et crypté, construit selon nos besoins, ce qui permettra de travailler de façon plus fluide et sûre. La conscientisation et les bonnes pratiques d’utilisation des outils télématiques – avec une attention particulière pour la sécurité des appareils que nous utilisons pour nous connecter au réseau, le recours au logiciel libre et d’autres mécanismes qui garantissent la confidentialité de nos communications – sont des aspects importants sur ce terrain.

Dans cette ligne, la commission informatique a impulsé le projet Enredaos43 (Réseautons). Il entend faciliter l’accès aux services informatiques autogérés à tous les membres de la coopérative et d’autres initiatives amies.

Étendons la révolution intégrale.

L’appel à la révolution intégrale44 a été lancé en février 2013 avec pour objectif d’articuler le réseau et la reconnaissance mutuelle entre les personnes et les collectifs du monde entier qui adhèrent aux bases de cet appel, et participent au processus de construction d’une autre société. Ces bases sont un point de départ pour la réflexion et la concrétisation d’une stratégie autogestionnaire et révolutionnaire élargie. La CIC s’est appropriée les bases de l’appel à la révolution intégrale et ils font à présent partie intégrante de ses principes.

D’autre part, les 15, 16 et 17 mars nous lancerons l’appel à l’action pour étendre la Révolution Intégrale. Ces dates correspondront avec le premier anniversaire de la publication Rebelaos45 et le quatrième anniversaire de la publication Podemos !46

L’initiative Derecho de rebelión47 (Droit de Rebellion) s’articule sur la nécessité d’établir une stratégie qui va au delà des limites établies par les systèmes de lois étatiques, avec pour base la légitimité conférée par notre propre cohérence d’êtres humains. De là nous avons publié le Manuel de désobéissance économique, dont une seconde version (disponible sur le web48) est sortie cette année. Nous avons aussi approfondi la notion de désobéissance intégrale49 qui implique de rompre le contrat social passé tacitement avec l’Etat du territoire où l’on vit, afin de réaliser un nouvel accord de souveraineté avec une communauté ou un collectif duquel l’individu se sent vraiment faire part.

En début d’année commencera à fonctionner un nouveau projet communicatif qui entend communiquer de manière globale et dans plusieurs langues tout ce qui arrive dans le cadre de la révolution intégrale. L’axe est de communiquer les idées et pratiques de la révolution intégrale vers le monde. Ce projet s’appelle RADI.MS50 (Révolution Action Désobéissance Intégrale. Media Shield).

Les contenus fixes du site de la CIC51 sont aujourd’hui disponibles en catalan, castillan, anglais et italien. On commence aussi à traduire les contenus dynamiques d’intérêt majeur.

Nous diffuserons aussi très bientôt le documentaire libre Raccourcis, la révolution intégrale52 qui reprend des initiatives entreprises dans le cadre de la Coopérative et ainsi impulsèrent le collectif Inlakesh. Dans le domaine du film documentaire sur des expériences autogérées, nous avons visionné La voix du vent53 et STOP! Rodons le changement54. Au fil de 2014, Economie Collective55, Assemblée populaire56 et Fabricants de futur57 verront entre autres le jour. Il faut ajouter à ces documentaires les productions audiovisuelles qui accompagnent certaines des discussions/débats de Fem-lo Comu de AureaSocial. Ces ressources sont publiées sur les sites de la CIC et d’AureaSocial, en étroite collaboration avec LaTele.cat.

Des amis musiciens qui partagent nos idées travaillent actuellement sur une chanson ayant pour thème la révolution intégrale.

Au niveau communicatif, cette année a été intense :Nous avons participé à des discussions, des tables rondes, des formations, des interviews, des vidéos, des fêtes, festivals, et autres événements tant en Catalogne que sur le reste de la péninsule ibérique ou d’autres régions d’Europe; N’oublions pas toutes les personnes qui font de l’expérience de la Coopérative Intégrale Catalane, le sujet de leurs doctorats, travaux d’investigation, pratiques et différentes études.

La désobéissance n’envoie pas en prison58

Nous ne pouvons pas occulter la situation de notre ami et camarade Enric Duran59, un des impulseurs de la Coopérative Intégrale Catalane qui est actuellement en cavale après avoir exercé son droit légitime à désobéir à l’actuel système judiciaire en ne se rendant à son jugement du 12 février 2013. Cela fera bientôt un an qu’Enric a été convoqué à un simulacre de justice, sans pouvoir garantir sa défense. Il était accusé de plusieurs délits en lien avec l’action d’expropriation bancaire qu’il a réalisé il y a plus de 5 ans60. En décidant de ne pas se présenter devant le tribunal, Enric avec l’appui du collectif, a réaffirmé son positionnement d’il y a 5 ans. Il reste caché pour le moment mais continue à distance de participer activement à la CIC.

Cette attitude face aux structures judiciaires nous permet de renforcer la nécessité d ‘une stratégie de désobéissance intégrale contre tous types de domination.

Pour ce faire, nous avons articulé le groupe de travail de justice restaurative qui est actuellement en train d’élaborer une stratégie pour la résolution autonome de conflits sans intervention de l’État et de son appareil judiciaire basé sur le droit punitif romain61. Ce groupe travaille sur une proposition restaurative qui sera présentée aux poursuivants d’Enric. Il a l’intention de générer un processus de restauration sur la base des éléments présents dans le conflit généré par l’action d’expropriation que ce dernier a rendue publique le 17 septembre 2008.

Voici donc approximativement là où nous en sommes et la direction que nous prenons.

Où serons-nous dans les temps à venir? Ça nous l’ignorons, mais nous savons que nous nous y rendrons ensemble et qu’ensemble nous construirons notre chemin.

Salutations révolutionnaires intégrales!

La commission de coordination de la CIC

 

1 On a alloué un budget de quelques 240 000 unités monétaires sur la base d’un volume de bénéfices équivalents en euros.

2 http://canbiarlu.blogspot.com.es

3 L’écobasic est notre monnaie interne. Nous la gérons au travers du CES: www.ces.org.za

4 Formulaire d’adhésion: http://alta.cooperativaintegral.cat

5 L’ECOcoop est la monnaie d’échange générale de la Coopérative. Nous la gérons aussi avec le CES: www.ces.org.za

6 Voici la mailing-list qui sert à communiquer les besoins et les offres du réseau: http://llistes.cooperativa.cat:8081/mailman/listinfo/cic-intercanvis

7 Le nouveau site de la CIC maintient un rythme de visiteurs allant de 400 à 450 chaque jour.

8 Institution communautaire-assembléaire d’autogouvernement composé de tout le voisinage existant sur un territoire, une assemblée locale ou une municipalité déterminé, qui résiste d’ores et déjà au monopole de l’état sur des territoires. Beaucoup de villages et de collectif commencent à récupérer leur autodétermination.

9 Célébrée au squat La Rimaia en mai 2010 .

10 Les rebosts (greniers) sont les espaces d’approvisionnement et d’échange local .

11 Protection de l’enfance en risque d’inclusion sociale

12 http://albadaviva.blogspot.com

13 http://salut.cooperativaintegral.cat

14 La première phase va de l’été 2010 à l’été 2012 et la seconde s’étend jusqu’à fin 2013

15 http://xarxa.somsalut.net

16 http://repoblament.wordpress.com

17 http://posahioli.cooperativa.cat

18 L’autofabrication commence à etre une réalité, avec des expériences comme celles de l’Open Source Ecology, les imprimantes 3D et beaucoup d’inventeurs et chercheurs autonomes.

19 http://calafou.org

20 https://equitativapalamos.wordpress.com

21 http://ecoxarxaemporda.wordpress.com

22 http://aureasocial.org

23 http://roig21crea.org

24 Le 9 octobre 2012, une résolution d’exécution hypothécaire émise par le juge de première instance de Barcelone sur l’immeuble n°21 de la rue Roig (dans le quartier du Raval à Barcelone) a été rendu publique. Elle valide la stratégie de protection de cet immeuble.

25 http://lartdusoleil.net

26 Il existe actuellement 25 coopératives intégrales sur tout le territoire.

27 http://atornallom.net

28 http://ecoxarxamallorca.blogspot.com.es

29 http://cooperativa.cat/participa/vols-fer-ten-soci-autonom

30 Une cinquantaine de personnes participent chaque semaine aux activités d’AureaSocial qui ont lieu le jeudi toute la journée.

31 Tout cela avec la combinaison de technologies telles que les criptomonnaies, caisses physiques et passerelles de paiement qui nous sont propres. Cela sera la garantie pour opérer en marge du système bancaire, du système fiscal étatique et du cordon ombilical qui les uni : les comptes courants bancaires.

32 http://www.proyectofiare.com

33 L’outil qui a terme se substituera à l’actuel CES devenu obsolète. http://integralces.net

34 http://mercat.cooperativa.cat

35 http://cooperativa.cat/es/donaciones

36 http://coopfunding.net

37 http://casx.cat

38 Voir les documents filtrés par Edward Snowden. The NSA (National Security Agency) Files: http://www.theguardian.com/world/the-nsa-files

39 http://unsystem.net/projects

40 http://cooperativa.ecoxarxes.cat

41 http://phoneliberation.net

42 http://guifi.net

43 http://enredaos.net

44 http://integrarevolucio.net (Revolution intégrale en Esperanto)

45 Publication pour l’autogestion: https://rebelaos.net (en attente de monde pour traduire!)

46 Voir ¡Podemos! en: http://enricduran.cat/wp-content/uploads/2013/02/02podemos_cast.pdf. (quelques traductions approximatives en français sont disponibles par ici : http://oclibertaire.free.fr/spip.php?article540

47 http://derechoderebelion.net.

48 http://www.derechoderebelion.net/manual-desobediencia-economica-2013/?lang=es

49 http://www.derechoderebelion.net/desobediencia-integral

50 http://radi.ms

51 http://cooperativa.cat

52 http://cooperativa.cat/documental-dreceres-la-revolucio-integral

53 http://www.lavozdelviento.org

54 http://rodandoelcambio.com

55 http://economiacollectiva.com

56 http://docuasamblea.blogspot.com.es

57 https://www.facebook.com/fabricantsdefutur

58 http://www.coopfunding.net/2013/03/11/la-desobediencia-no-hi-cap-a-la-preso-protegim-la-revolucio-integral

59 http://enricduran.cat

60 https://enricduran.cat/es/historia-de-los-hechos/

61 Pour les contacter: justiciarestaurativa@moviments.net

Interview Enric Duran. Magazine CGT Catalunya octobre 2013

Enric est un des concepteur des Coopératives Intégrales Catalane , aujourd’hui en “cavale ” ce reportage a été réalisé dans la clandestinité par un ami en Catalan qui me l’a fait parvenir . donc je souhaite bonne chance au “Robin des Banques et de jouir de sa liberté .                                                                                                                         Enric Duran, un Don Quichotte de l’utopie à transformer la société

Enric Duran est un exemple. Un exemple de ce que nous pouvons . Un exemple de chacun, chaque groupe , un syndicat minoritaire comme la nôtre peut. Et nous sommes appelés à transformer le monde. Comment ? Le Henry utilise les fautes de l’ennemi, et doit donc bien connaître l’ennemi. Je pense grand, sans crainte.

Enric Duran lutte pour l’impossible , de sorte que cela devienne une réalité . A la force de croire en soi et choisir que de créer le nouveau monde au lieu d’aller à l’ encontre . L’un des mensonges de l’Etat est qu’une personne ne peut pas faire n’importe quoi, un petit groupe ne peut rien faire et pas une petite communauté . Donc, nous Catalogne, toujours soi souterrain , moins ces derniers temps.

Quand j’ai rencontré Henry dans le mars à Madrid outré . Nous marchons quelques kilomètres ensemble, et j’ai demandé entrevista’l . J’ai dit oui . Maintenant, le 5e anniversaire nous avons pensé que c’était un bon moment.

À propos Enric Duran ya beaucoup d’informations en ligne ( blog personnel , Twitter, Facebook ) et de nouvelles. Wikipedia http://ca.wikipedia.org/wiki/Enric_Duran_i_Giralt publications crise, nous , rebelle Nous installons nous-mêmes catalan intégré de nature coopérative , et son livre ” l’abolition de la banque. ”

Abolir la banque?
Le titre que je voulais avoir le livre que j’ai écrit en 2009 , la banque n’a pas été respectée . A été aboli seul consensus qui a été atteint par l’éditeur. De mon point de vue ce qui est dans nos mains , c’est à nous organiser en dehors des structures du pouvoir, plutôt que de les transformer. Et chaque fois que nous avons plus d’ outils pour le faire .

Abolir la consommation , la surconsommation ? Surtout la consommation de pétrole et les médias de masse , etc . ?
Nous pouvons transformer notre consommation et nous avons besoin de le faire pour de nombreuses raisons . La durabilité de la planète , l’auto de notre économie, jouir d’une bonne santé , sont parmi les plus importants . La consommation est l’un des outils les plus simples que nous avons à décider quel genre de monde nous voulons que nos actions.

Vous êtes très productive , même sous terre. Comment vous cacher ?
En fait, nous pouvons dire que le secret m’aide à me concentrer sur en-trées ont moins externe. En ce sens, je peux être plus productif et dit à plusieurs projets au détriment de réduire mes relations sociales. Cette situation n’est pas nouvelle, parce que je vis déjà six mois pour divulguer l’action et je me rends compte que je me sentais assez bien pour le faire durer aussi longtemps que nécessaire .

Qu’avez-vous appris dans cette période de clandestinité ?
J’ai mis en place de nombreux projets et des façons de penser qui sont importantes pour le changement que nous voulons accomplir . Peut-être il ya 10 ans , et non pas comme je le faisais observer ce qui se passe dans le monde, tel qu’il avait été très concentré sur le Catalan . Cette nouvelle perspective m’aide à apprendre beaucoup de choses et être capable de se connecter avec ce qui se fait à la maison.

Un de vos idées est de donner la priorité à la création d’alternatives au système, le autorganització en signe de protestation et dénoncé les abus de pouvoir. Nous ne prétendons vous ?
C’est juste une idée , mais il est en train de faire ce que j’ai dit que les 10 dernières années , bien que dans ce domaine puisse dire, c’est que les trois dernières années, avec le catalan intégré de nature coopérative ont le plus de succès .
Quand je fais l’expérience de première main l’ensemble du cycle de luttes qui racontent la mondialisation, je pouvais sentir la faiblesse signifie que vous passez mois l’organisation d’un événement d’une journée , puis n’ont pas la capacité à répéter ou à maintenir je l’ai vu … à nous confronter à la puissance nécessaire pour première priorité de soi et l’auto- organisation , au lieu de générer compteur rue un jour et ensuite , prendre notre système de dissidence au quotidien dominante.

Vos banques de expropriations ont été un coup dur pour les besoins bancaires , et très louable. Rods ne pensent parmi plusieurs , collectivement , pour voir ce qui a fonctionné , avant de faire expropriation publique?
Avec des gens qui ont pris la parole ont eu beaucoup de questions sur ce que serait la réaction du pouvoir et même l’appuyer de diverses façons , personne ne semblait prêt à le faire en même temps que moi. En plus des risques et la réversibilité de la situation n’est pas insolvable , il doit aussi tenir compte de l’ interaction avec les banquiers et la préparation de la documentation sont lourde tâche pour beaucoup de gens et peut-être même prendre un engagement désobéissant et politique, a pas réussi à entendre quelque chose qu’ils pourraient aussi le faire.

Il s’agit d’une seule action, un Robin des bois , ou d’une action d’un groupe d’ affinité ?
Un intervalle. Unique sur les aspects spécifiques de l’action elle-même , les crédits , la documentation, etc …
Participation politique collective et l’auto- organisation à faire usage des ressources appropriées pour les objectifs que nous avions à ce moment-là .

Il ya eu des imitations ou des expropriations similaires? Vous n’avez pas de nouvelles failles de sécurité dans les banques ? Ils peuvent continuer à exproprier ceux qui nous pillent ?
Comme je sais qu’il ya eu d’autres actions , mais pas rendu public. Plusieurs personnes ont écrit à des questions relatives à ce sujet. Les failles de sécurité dans le système bancaire , il y aura toujours parce que les humains font des erreurs, cela signifie que même si certains trous de protocoles peuvent parfois venir à appliquer dans la pratique .

Vous dites qu’il est légitime d’exproprier les banques. À quoi bon si c’est illégal?
Les arguments de légitimité sont diversifiés , comme je l’ai dit dans les textes. Cette légitimité que nous avons actions générales d’aide sociale qui sont préjudiciables à la banque pour générer un bien collectif plus , contrairement aux dommages que nous faisons. La lutte contre l’abus est un autre domaine important et digne de faire face à la banque , de plus en plus d’entreprises font un travail intéressant dans ce domaine

Nous avons constaté que vous avez été violé plusieurs droits et respondràs avant. Quels sont mes droits ? Comment cette réponse?
Je veux parler des droits de la défense . Droit de citer des témoins , le droit à l’information du processus , le droit de choisir un avocat , droit à un avocat ….
La réponse dépend des forces qui ont un soutien juridique au niveau du groupe , et n’est pas encore définie , mais en tout cas je suis sûr , pourquoi pas allés plus de droits que sont censés avoir leurs lois, nous répondre quand cela arrive.

Une idée me plaît, c’est que vous dites que vous ne voulez pas appartenir à un État, ni indiquez le Catalan hypothétique .
Je pense que l’Etat en tant que concept implique la violation des libertés , en particulier de l’affiliation obligatoire est censé signifier dans le contexte d’une région . L’une des batailles cruciales de notre temps, je pense que cette question est obligatoire et de la souveraineté des êtres humains , de pratiquer notre droit inaliénable à l’auto- nous organiser comme nous le souhaitons , dans un cadre de respect pour ceux qui ne veulent pas faire partie .

Vivent en dehors de l’Etat est difficile , nous avons pris du temps nous avons constaté , par exemple , en imposant l’ID. Comment allez-vous ? L’ID nous ne pouvons pas terminer alors qu’il Etat.
Je pense donc que nous pouvons débarrasser le DNI . En fait, il ya plusieurs changements dans le monde comme Freeman , qui a effectué dans la pratique. C’est la racine de cette présentation de question, ce ne peut être , et la réalisation en pratique chaque action que nous faisons.
Signifie évidemment donner quelques-unes des installations dont nous achetons l’Etat moderne , mais se rapportant à ce que j’ai dit avant , que nous augmentons notre niveau d’auto- gestion est de plus en plus facile de créer un lien vers cette renonciation Etat.

Maintenant vous aussi vous voulez partager un peu de quoi il s’agit? Quand vous repensez ?
Cette dernière action expliquera quand le moment est venu , mais il n’est pas. La stratégie en ce qui concerne mon retour est actuellement le projet, nous travaillons et la date restaurée n’a pas encore prêts . Je pense que la justice réparatrice est une façon de penser et la pratique en matière de justice est important que tous les mouvements sociaux face à la puissance de découvrir, car il prend sa racine dans la façon dont nous nous adressons à participative et respectueuse transporter à l’intérieur , par opposition à l’autoritarisme qui prévaut dans le système officiel .

Dites justice réparatrice et ses avantages ? Cette proposition innovante peut fonctionner dans des gouvernements ultra-conservateurs CiU et le PP ?
La justice réparatrice est une profonde remise en question à la fois du système judiciaire et les politiques pénales en cours et la prison , qui prédomine dans la plupart des Etats.
Suggère qu’au lieu de se concentrer sur la justice de punir l’accusé s’il est reconnu coupable , il mettra l’accent sur la restauration de personnes qui ont été touchées par le conflit et démontre diverses expériences pour mener à bien cette garanties restauration doit être un processus participatif. Dans de nombreux pays à travers le monde avec différents signes déployés place avec des applications pratiques . Non pas comme une question de droite ou de gauche , et de nous dégager de 2000 ans de droit romain et de pénitence en faveur des méthodes qui ont survécu depuis l’Antiquité dans de nombreuses expériences indigènes qui existent encore .

Vous dites que la prison ne profite à personne . La prison profite à l’ ordre établi. La menace de la punition et de punir ceux qui violent ses lois sont nécessaires pour maintenir cet ordre injuste .
Exactement , nous avons besoin de mettre en évidence ces intérêts souvent méconnue , qui a le pouvoir dans les prisons , en montrant que ceux impliqués dans des conflits ont donné le meilleur moyen de le résoudre que la punition.

Que peut améliorer le CIC catalan intégré de nature coopérative ?
C’est un très gros projet avec de nombreux visages. Depuis ses débuts il ya plus de trois ans , a été un processus constant d’ apprentissage et d’amélioration . Cependant , nous pouvons dire que nous sommes encore au début , mais nous pourrions générer une autogestion économique importante , où il est l’un des principaux jalons . Il ya des zones stratégiques dans la marge de progression est énorme et pourrait se faire dans un court laps de temps comme une meilleure faciliter et de développer les relations économiques entre toutes les personnes et les projets qui en font partie . Nous sommes également un moment important pour le développement des zones ecofabricació être open source.
Le système coopératif du public dans des domaines clés tels que l’éducation et la santé, est encore au début . Chaque projet est vaste et complexe .
Et enfin , j’ai aussi important de garder processus de propagation au niveau local , afin qu’ils puissent garder les outils et les ressources qui permettent la réplication décentraliser tout.

Que devrions -nous faire pour utiliser la monnaie sociale? Quels sont les avantages , mais
notamment sur le plan pratique , comment nous les utilisons -nous?
Aucune monnaie unique social, mais il ya plusieurs façons de mettre en œuvre et utiliser les monnaies qui existent déjà . Nous utilisons les échos, qui est le nom générique que nous avons donné aux différentes pièces créées à partir de divers réseaux économiques et CIC . Pour moi, la transition la plus importante de cet outil est qu’il nous aide à nous donnons dans la voie du développement économique auto-gestion, nous détachant de la monnaie conventionnelle et de découvrir que la monnaie peut dépendre d’un processus d’assemblage.
Maintenant, il n’y a pas de formules magiques et seulement quand quelque chose se produit ou est prêt à travailler à l’extérieur du système , quand vous pouvez vraiment profiter de l’outil de monnaie sociale . Qui pensez-vous que comme un consommateur simplement être en train de faire un certain soutien à l’action . initiatives productives.
D’un autre côté , je sais aussi qu’il est important d’essayer de comprendre les crypto- monnaies comme bitcoin , même si elles ne sont pas sociale dans le sens où il est un collectif critères déterminés que vous pouvez faire également jouer un rôle important de nous deux sur le banc .

Révolution intégrale est similaire à la zapatiste ? Connaissez-vous les zapatistes ? Qu’est-ce que vous ressemblez ?
Eh bien, je sais que beaucoup de zapatistes avant de travailler avec le concept de révolution intégrale , voire militant depuis que je suis l’une des références les plus importantes qui ont connus . Quand je me mets à la priorité à la construction d’alternatives locales , immédiatement j’ai pensé qu’il a été construit ici, à notre autonomie , comme ils le font là-bas.
Au cours des dernières années, le CIC et le concept de faire un tour complet en dehors de la capitale et de l’Etat , nous nous sentons particulièrement proches de la proposition zapatiste. Et par exemple , cet été, nous avons participé dans le projet de pépinières autonomes zapatistes , provoquant un à aureasocial et en hiver, il sera répété encore plusieurs personnes liées à des coopératives intégrées qui seront là .

Quelle a été votre réaction à des médias communiqué officiel ? Ils parlent du CIC ? Demandez à vous interviewer ?

Eh bien, ma dernière déclaration , n’a pas été bien pensé car il fait écho les médias officiels. Chaque moment est différent et maintenant c’était surtout pour garder atteindre les personnes qui suivent déjà mon processus et achever la révolution . CIC a également été présente dans certains médias officiels au cours des dernières années, mais ne s’est penché spécifiquement . L’information est plus important pour les milieux susceptibles d’avoir un niveau d’affinité directe avec le projet et peut être approché .

Avez-vous pensé à demander l’exil dans une douzaine de pays, dont Snowden , parce que vous ne respectez pas les droits fondamentaux ?
Il ya une option qui prend , parce que ce serait reconnaître la légitimité de certains de ces Etats et même mettre ma liberté dans leurs mains. La dernière chose serait de se transformer en une monnaie d’échange diplomatique. Donc, aussi , symboliquement , j’ai trouvé intéressant proposition ZAD de la Grande-Bretagne nous répondait publiquement , en acceptant la proposition d’asile de l’autonomie de leur lutte.

Maintenant, qu’est-ce que vous préparez ?
Nous continuons à consolider de nombreux domaines et par la promotion de certains des plus récents . Comment nous communiquons les uns avec les autres récemment , un monde des médias numériques et de la nature décentralisée , et seront appelés RADI.MS le projet Radio collective plus visible créé quand je vais souterrain. Nous croyons qu’après l’expérience prise en publications imprimées ( crise, nous , rebelle installer vous-même) pour le moment est plus intéressant de générer une écurie médias, qui est à la fois un outil de collaboration avec enxarxar groupes liés à l’échelle mondiale.
En outre , j’ai parlé de la justice réparatrice , et il ya quelque chose de plus important, mais pas le temps de parler.

Quand votre prochain livre? Sur quel sujet ?
Il est difficile d’ écrire des livres , parce que vous avez besoin de beaucoup de concentration et a une relation directe avec ma priorité est de continuer à construire le mouvement révolutionnaire . Une autre chose est de collaborer avec les initiatives portant le poids d’autres personnes, ce qui donnait et non la règle .

Allons-nous vers une dictature des marchés , de plus en plus autoritaire et terrible ?
Démontré le niveau de corruption dans les plus hauts niveaux , dépasse même ce que beaucoup avaient imaginé. Je pense que dans une dictature il ya des marchés pendant des années et il est vrai que dans les différents domaines en augmentant sa dureté , mais aussi l’espoir que nous puissions continuer à générer de plus en plus d’outils pour nous libérer et ne pas céder à vos envies domaine .

Dans la lutte de classe actuelle , les riches ( banques , multinationales ), nous gagnons encore par un glissement de terrain , comme je le disais Buffet , et même payer la crise qu’ils ont créée.
Peut-être du point de vue de la lutte traditionnelle est . De toute évidence , la réponse est non pour la situation difficile rue. Mais je pense qu’il a quelque chose à faire qui coïncide avec les stratégies d’action de restructuration. Les mouvements de masse ont diminué , et d’autres réponses basées sur les réseaux sociaux , des actions décentralisées dans des groupes d’affinité , la communication et l’auto virale , mais ils ne sont pas assez efficaces, mais je pense que ça va venir être …

Le Congrès confédéré de la CGT, qui est maintenant le slogan est ” Il ne suffit pas de résister à l’ auto-construction . ” Un thème similaire de la CIC pour bâtir une communauté et de l’auto .
De toute évidence, entre autres, ont en commun le concept et une grande partie de l’imagerie qui se trouve derrière . Nous avons rencontré jusqu’ici dans des conférences, des discussions et des tables , mais il serait intéressant que nous avons trouvé de plus en plus à faire dans l’auto- gestion de l’action quotidienne.

Dans une interview en Catalogne, il ya environ cinq ans pour proposer une grève générale par la CGT vérité afin que les riches paient pour la crise. Les grèves générales d’une journée n’ont pas fonctionné. Qu’en pensez-vous ? Comment organiser une grève générale illimitée ?
Je me souviens avoir appelé à une grève sociale pourrait être menée à tous les niveaux et de manière soutenue. Il faisait partie de la publication envisagée CAN . Entre les deux , nous avons vu le M-15 qui, bien jours occasionnels ont eu une participation massive , est devenue une action de désobéissance soutenue menée par dizaines de milliers. Je pense que nous pouvons apprendre que nous avons la capacité d’effectuer des actions de désobéissance soutenus , mais nous ne devrions pas prétendre que participer masses (qui sont la cible en échange d’une grève générale d’une journée ), mais à partir de une ” forte minorité ” peut être donné une visibilité qui multiplie l’effet.

Comment avez-vous fait dans votre vie?
J’ai eu un autodidacte basé sur la motivation à apprendre et la recherche. Internet a été un outil clé de cette façon . A également une expérience pratique dans tous les mouvements et les projets qui y ont participé ont apporté de nouveaux défis à chaque fois.

Quels sont les événements de votre vie , êtes-vous heureux?
Peut-être ce qui me satisfait , c’est la persévérance et la détermination que j’ai eu toutes ces années, j’ai été dans l’activisme , de même que près de 15 années d’implication continue.

Quelle est l’origine de votre prise de conscience politique et de l’activisme ? Quels groupes ont combattu ?
La source spécifique de la conscience politique lisait une situation dans laquelle j’ai trouvé le personnel et l’activisme commencé avec le mouvement pour l’abolition de la dette , puis avec la mondialisation , qui étaient expériences qui a marqué les premières années.
Niveau particulier d’ espaces collectifs et stable. J’ai participé notamment XCADE , MRG , Communication, Infoespai , ACS, Comprendre la décroissance temps re- tours Réseau crise collective de la décroissance , CIC et RADI

Comment voyez-vous le mouvement libertaire actuel ?
Je pense être à un carrefour entre les pratiques fondées sur une tradition importante et d’autres nouveaux moyens similaires à la culture libertaire , mais toujours de manière plus imprévisible . Étant donné que je trouve important de continuer à générer un cadre de respect et une volonté d’ apprendre des autres, c’est seulement ainsi que nous avons profiter de la richesse générée par toute cette diversité et nous rendre plus forts .

Dark Wallet est présenté. Le projet d’un bitcoin plus anonyme et sécurisé, qui est en train de se développer au hacklab de Calafou

Il ya quelques jours, le projet a commencé à se diffuser publiquement? Dark wallet? pour bitcoin.

Il s’agit d’un portefeuille électronique liée à une mise en œuvre independant de bitcoin qui va incorporer des mesures supplémentaires de protection des renseignements personnels et de la sécurité des utilisateurs du réseau.

Il est promu par le collectif unSYSTEM qui aujourd’hui a son cœur au hacklab de Calafou. Il s’agit d’un espace de réunion qui sert à certains des développeurs les plus expérimentés de Bitcoin pour qu’ils connaisent et participent du jour à jour de la CIC.

Ses promoteurs ont mon soutien public, comme indiqué sur le site du projet: darkwallet.unsystem.net

Pourquoi je les soutiens?

Dark Wallet vise à mettre des outils simples au service de tout utilisateur, pour protéger notre sécurité lorsque nous utilisons bitcoin.

Ainsi, son travail vise à fournir un niveau plus élevé d’anonymat et privacité aux utilisateurs de bitcoin, et, finalement, fournir les outils nécessaires pour décentraliser le réseau et dépasser tout type de contrôle aussi comme la dépendance de la banque.

Il a pour but de donner un nouveau bond pour défendre la liberté d’expression et la liberté contre les forces de domination financière au niveau politique supranationale, emmenant le bitcoin plus loin de la volonté d’un Etat ou d’une force répressive, malgré les efforts qui se font pour le contrôler.

Ceux qui travaillons pour compléter une révolution integral basée sur l’organisation sociale et communautaire et coopérative hors des États, nous avons beaucoup d’outils pour construire notre chemin, certains d’entre eux ont pour fonction de nous protéger comme Bitcoin.

Il ya quelques jours, Obama à demandé au PDG de Google, s’il y avait des motifs de s’inquiéter avec bitcoin. Notre réponse est oui …

Plus d’informations: darkwallet.unsystem.net

Co-financement: www.indiegogo.com/projects/bitcoin-dark-wallet

 

* Vous pouvez trouver plus d’information multilingue sur bitcoin en recherchant sur Internet.

Radi annonce la création d’un nouveau média à l’échelle mondiale

Comme je l'ai prévenu dans le communiqué du mardi dernier, nous mettons en place le groupe RADI avec un projet motivant et innovateur: le nouveau médias digital RADI.MS, qui va être au domain mondial et qui va sortir en plusieurs langues:

REVOLUTION ACTION DISOBEDIENCE INTEGRAL MEDIA SHIELD

Le projet exige encore des semaines de travail avant de commencer, mais aujourd'hui il a été annoncé avec une déclaration:
RADI.MS Le médias que vous attendiez est sur le point de voir le jour. Un nouveau monde né grâce à la révolution intégrale

RADI.MS se présente aujourd'hui, en profitant la citation qui dit qu'il n'y a pas de hasard ...


Cinq ans après Crise. Mise à jour des faits, réflexions et stratégies

Après une période de silence, ce communiqué a pour but d’informer  tous les êtres humains qui peuvent et qui veulent me lire sur les faits, les points de vue et les perspectives qui surgissent actuellement, quand il y a plus de sept mois que je soutiens mon activité politique et personnelle depuis la clandestinité.

La réponse répressive du système judiciaire espagnol qui a eu lieu depuis lors ne m’a pas pris par surprise, et cela ne me surprend pas non plus que les droits de défense reconnus par sa propre constitution ne soient pas respectés, encore et encore. Maintenant bien, que je ne sois pas surpris n’implique pas que je pense rester les bras croisés.

    •    Droit à l’information  du procès, violé     
    •    Droit à choisir les témoins, violé.       
    •    Droit à choisir librement mon avocat, violé
    •    Droit à un avocat de la défense, violé

crisisport
On dirait que la deuxième section de la cour de justice provinciale de Barcelone a inventé une nouvelle loi qui dit qu’un accusé en rébellion est déchu de ses droits fondamentaux vis-à-vis de son processus de défense, et ce bien que la dite Déclaration universelle des droits de l’homme soit censée valoir pour tous les hommes dans n’importe quelle circonstance.

Et ainsi, plus de 210 jours après avoir accepté la démission de mon avocat précédent, les juges n’ont pas encore permis qu’il en soit nommé un autre. Plus de 210 jours sans avocat dont plus de 180 sous ordre de détention immédiate.

Il ne devrait pas nous étonner qu’il se passe ce genre de choses quand des données vérifiées nous préviennent du manque de séparation entre les pouvoirs dans cet État, comme par exemple le fait que le président du tribunal constitutionnel milite dans le parti au pouvoir (PP, Parti Populaire, de droite, NDLT) ; ou quand la connivence des différents pouvoirs de ce même état avec la propre banque qui m’accuse est totalement normalisée après que des sommes multimillionaires prêtées par le même État ont disparu, alors que le jour où cela a été dénoncé sombre dans l’oubli.

De fait,  même un secteur qui se mobilise peu habituellement, comme c’est le cas des travailleurs de la justice, sont maintenant en grève indeterminée en Catalogne pour cause, entre autres, de la vague de privatisation et de centralisation des différents processus judiciaires. Il est même prétendu que ce soit un procureur qui intruise les procès, alors que les procureurs dépendent hiérarchiquement du procureur général de l’État qui est désigné directement par le gouvernement  de l’État.

Comme je l’ai déjà manifesté dans de précédents communiqués, cette manière d’aborder les conflits ne me convient pas, et je n’accepte pas de former partie d’un système de droits et devoirs dans lequel une autorité externe peut me juger et me condamner à la prison sans même écouter mes arguments. Pour cette raison, avec la collaboration d’un groupe de travail, formé par des personnes expertes et des professionnels de la justice réparatrice , nous préparons un projet réparateur qui permette réellement que toutes les parties impliquées et affectées par cette action puissent y participer dans l’égalité, depuis l’écoute et le respect. Le respect à ma dignité comme personne est la base indispensable pour que je participe à un procès judiciaire.

Pendant que nous préparons le projet réparateur, nous évaluons la possibilité de mener à terme les actions légales correspondantes pour répondre à la constante violation de mes droits de défense. Bien que ce soit un système légal qui ne me corresponde pas, c’est le seul langage que comprennent certaines personnes et certaines institutions,  de sorte que quelques fois il faut en passer par là pour ne pas permettre ce genre de situations qui un jour ou l’autre pourraient aussi affecter d’autres personnes.

Et si la mise à jour de cette information est publiée aujourd’hui, c’est parce que cela fait aujourd’hui cinq ans que la publication Crise a vu le jour, porteuse de l’affirmation « J’ai « volé » 492.000 euros à ceux qui volent le plus pour les dénoncer et construire des alternatives à cette société » , et qui incorporait en plus toute un série de critiques assez contondantes au système bancaire, mais qui actuellement ne suffisent plus, à la vue des évènements arrivés avec la crise permanente que nous vivons depuis lors.

Profitant de ce que cette action d’expropriation bancaire avait été présentée ce 17 septembre 2008 comme une action individuelle  au sein d’un mouvement social plus large, de nombreux medias et le propre système judiciaire se sont chargé de la dépolitiser et de la présenter comme une action ponctuelle, l’éloignant de son sens politique d’une part de dénonciation et d’autre part, et surtout, d’élan et de construction d’un processus collectif.

Aujourd’hui, si l’on tient en compte que le système légal de l’État espagnol a une loi qui prescrit au bout de cinq ans les délits qui seraient peinés de moins de cinq ans de prison, je peux dire que cette action n’aurait pas été possible sans toutes les personnes qui y ont contribué. En particulier, les processus d’assemblées qui ont permis de décider collectivement la destination de une grande partie de ces fonds et l’éxécution des projets tout en sachant l’origine de l’argent,  lui ont donc donné donc un sens politique révolutionnaire nourri par la volonté de stimuler la construction d’alternatives au système établi, qu’ il n’aurait pas eu si il avait  constitué seulement une action individuelle.

Il est posible que maintenant, grâce au temps passé, il devienne envisageable que d’autres personnes  partagent leur expérience de comment ils l’ont vécu et à quoi se sont destinés ces financements.

Comme je disais, les motifs qui justifient cette action n’ont cependant pas prescrit, et c’est pour cela que je continue à aider aujourd’hui d’autres iniciatives qui projettent de réaliser des actions similaires, et c’est pour cela que je n’ai pas renoncé à trouver et à exploiter les trous que laisse le système bancaire dans sa volonté infinie de s’enrichir sur le dos des épargnants. Pour cette raison, maintenant les forces policières de l’état espagnol ne me cherchent pas seulement pour l’action réalisée en 2008 mais aussi pour une autre plus petite réalisée en 2011.

Tant que les banques continueront a disposer du monopole de l’émission de la monnaie légale, tant qu’ils continueront à prêter avec intérêt l’argent qu’ils ont créé gratuitement avec l’accord des états –argent qui devrait être un bien public- , tant que leurs dérives spéculatives resteront impunies alors qu’elles génèrent des gouffres de milliards d’euros qui provoquent des coupes budgétaires partout, tant qu’elles se rendront responsables de drames personnels en expulsant les gens de leurs maisons… tant que tout cela continuera, il sera également légitime de récupérer, depuis l’audace collective, tout ce qu’il sera possible de cet argent qui nous est escroqué, pour les consacrer réellement à des projets ayant pour but le bien commun.

Avec l’expérience vécue, je sais qu’avoir dû me cacher pour réaliser des actions que je considère cohérentes avec ma manière de voir la révolution ne m’empêche pas de dormir.  D’ailleurs, toutes ces journées de socialisation  réduite et de présence nulle n’ont pas constitué une série de limitations, mais m’ont plutôt servi pour pouvoir accéder à certains apprentissages et les approfondir, ce qui m’a conduit à changer ma vision des lignes stratégiques que je considérais importantes pour la transformation sociale.  Cela m’a amené  à prendre un temps pour situer toutes ces nouvelles connaissances acquises et ces pensées développées et ainsi générer de nouveaux projets qui me semblent spécialement motivants et prioritaires au jour d’aujourd’hui.

Un des thèmes qui a attiré mon attention pendant ces mois-ci est comment les efforts pour maintenir secrets le développement de technologies et la réalisation de contrats avec les géants d’internet, pendant des années, de la part du gouvernement des USA et d’autres pays du monde, dans le but de contrôler les hommes à travers d’internet, ont été réduits en miettes parce qu’une seule personne a osé  se risquer à les rendre publics,  et que son témoignage a fait le tour du monde. Il était arrivé la même chose auparavant avec les milliers de documents secrets libérés par Wikileaks et ses vaillants informateurs.

Cette constatation de l’espionnage global ne fera qu’accélérer la technologie et l’usage d’outils de communication cryptée, ce qui rendra quasiment impossible le contrôle de l’information concernant la population par les agences d’espionnage.
Ce sont des exemples significatifs prouvant que les déséquilibres historiques entre le pouvoir d’en haut et la liberté du peuple se réduisent.

Cependant, il y a bien plus. Cette année a été celle de l’explosion des monnaies centrales digitalisées décentralisées, lesquelles,  grâce à la technologie p2p et au cryptage, s’utilisent actuellement pour maintenir l’anonymat et la privacité sur un terrain, celui des échanges économiques, dont le contrôle est la base de l’économie des états.  Après beaucoup de siècles de monopole de l’émission de monnaie par les banques centrales et les banques privées ; après que les états ont destiné d’immenses ressources au contrôle et à la fiscalisation du bas peuple…, maintenant,  grâce à la programmation libre, une technologie a été développée et partagée, qui non seulement permet de réaliser des mouvements de valeurs entre n’importe quel endroit du monde sans commission, mais qui en plus empêche le pouvoir de fiscaliser ces actions d’achat-vente.

Et il y a encore mieux. La technologie de fabrication 3D permet qu’une seule machine de moins d’un mètre cube fabrique toutes sortes de pièces et d’objets, dont les designs se partagent en ligne pour que d’autres personnes puissent les fabriquer sans avoir à les concevoir de nouveau. Cette technologie est donc amenée à mettre des limites à la capacité de contrôle de la part du pouvoir, alors que les brevets perdent de leur importance de la même manière que les licences de copyright sur les connaissances l’ont fait il y a des années.

Pour ces raisons, des technologies comme le cryptage, le bitcoin et les imprimantes 3D sont le fer de lance de toute une série de technologies révolutionnaires qui commencent tout juste à multiplier la liberté des individus et des réseaux auto-organisés en marge du pouvoir et fixent une date de péremption à l’hégémonie des États Nations tels que nous les avons connus durant les dernières décades.  Les systèmes de contrôle de l’activité économique basés sur la coercition et le monopole de la violence ont leurs jours comptés. Dans le futur, on ne pourra rassembler des ressources et les utiliser en faveur de l’intérêt général qu’à travers la conviction, l’éducation, et le travail sincère pour le bien commun.

Dans ce contexte, tous ceux et celles qui travaillent pour une révolution intégrale, qui inclue la construction de nouvelles structures d’auto-organisation sociale et politique ainsi qu’une transformation profonde de l’être humain, qui récupère l’être communautaire,  nous nous trouvons face à un défi encore plus grand que ce que nous avions imaginé. Il est très important, pour ne pas dire indispensable, que nous puissions démontrer- avec la diffusion de cet imaginaire et avec l’extension de ses pratiques- qu’il est possible de générer un modèle d’organisation sociale et économique sans aucun tipe de coercition, de caractère volontaire et sans nécessité, quand ce n’est pas possible, d’aucune exclusivité à s’établir sur un territoire déterminé.

Pour toutes ces raisons, alors que je continue à collaborer, même dans la carence que suppose l’absence physique, avec le processus de développement de la Coopérative Intégrale Catalane, je pense que le moment présent marque un avant et un après pour définir un axe de priorités, et aussi, de manière spécialement importante, de nouvelles actions et des initiatives de mise en réseau et de communication au niveau planétaire.

Logiquement, le silence qui a accompagné le collectif  RADI, après en avoir annoncé la création il y a un peu plus de six mois, a eu à voir avec toute cette remise en question stratégique. En conséquence, vous en entendrez parler bientôt.


Enric Duran

17 septembre  2013

Aucun désobéissant en prison. Une lettre ouverte au pouvoir et un nouveau projet collectif

Communiqué d’Enric Duran 3/3

Pour commencer ce troisième communiqué de la triade de ces derniers jours, je veux rappeler que, dans ma déclaration du 17 septembre 2008, je déclarais déjà ceci :”je ne pense pas que le système judiciaire soit légitime à me juger“. J’ai répété la même chose en décembre 2011, dans un communiqué intitulé “L’insoumission bancaire et le droit de rébellion : un appel à la désobéissance civile massive.

J’ai ainsi déjà donné quelques arguments pour motiver mon refus de légitimité au système judiciaire : Son silence face à la “disparition” spéculative de millions d’euros du monde financier, la réforme de la Constitution Espagnole de septembre 2011,qui comme les banques le demandaient, octroie “une “priorité absolue”au paiement de la dette publique et justifie des coupes extrêmement graves dans le système de santé. Ces restrictions ont déjà tué nombre de personnes en Catalogne, et elles raccourcissent sensiblement l’espérance de vie.

Je n’ai pas non plus concédé de légitimité à la fiscalité : Une fiscalité étatique qui se dessaisit alors que banquiers et politiciens conspirent contre le peuple, n’a aucune légitimité pour m’accuser de quoi que ce soit, ni pour demander aucune peine pour une action politique comme celle que j’ai menée. Les lois sur lesquelles se basent ses accusations n’ont aucune validité quand elles sont utilisées au bénéfice de ceux d’en haut et contre les classes populaires. Mon action contre la banque a été précisément un acte de réquisition et de justice sociale pour rééquilibrer, bien que de manière infime, une partie des injustices que commettent les tenants du pouvoir. Je suis convaincu que celui qui ne mérite pas de représenter ma souveraineté n’a pas non plus de légitimité pour porter des accusations à mon encontre ou encore me  juger en occultant le conflit existant entre classes dominantes et populaires.

Par conséquent, personne n’aurait du être surpris quand je ne me suis pas présenté mardi 12 février dernier à la parodie de jugement qu’on m’avait organisée; on peut presque dire que je vous avais prévenu. Si je ne crois pas dans le système judiciaire, comment pourrais-je aujourd’hui me jeter dans la gueule du loup après la violation de mes droits ?

Il faut rappeler que dans cette affaire, je suis accusé de faits que j’ai reconnus  le 17 septembre 2008, (d’ailleurs, malgré mes aveux, l’accusation ne fait nulle part preuve de clémence dans sa requête au pénal), et que  pour cette raison précise, l’élément clé de ce procès – selon les lois de ce système auquel je désobéis – c’est de savoir si oui ou non il y avait “Etat de nécessité” et donc, des circonstances atténuantes…  (voir le communiqué du 12 février)

A aucun moment durant toutes les étapes de cette procédure (dénonciation, détention, prison préventive, libération conditionnelle, instruction, acte d’accusation, révocation des témoins) l’accusation ou les juges n’ont voulu reconnaître que cette action financière, illicite et dangereuse pour la majeure partie de la population, était motivée par la désobéissance civile.

De toutes façons, un tribunal qui ne prend pas en considération ces faits, y compris ce potentiel “État de nécessité”, ne mérite pas qu’une personne engagée pour les droits humains collabore avec lui ; Je ne vais donc pas me contenter ne pas y participer, mais j’enjoins toute personne qui souhaite garder sa dignité à  faire de même dans ce type de  circonstances.

Notre critique du système judiciaire va encore plus loin, comme l’explique le communiqué (1/3) que j’ai diffusé ce 20 février : “Ni lois pour maintenir les inégalites, ni jugements qui perpétuent l’opression, par une autre manière de nous évaluer, reconstruisons le vivre ensemble

Nous savons que  l’autorité judiciaire comme on l’appelle, n’est pas habituée à ce type de désobéissance, et que ce n’est pas seulement une conséquence de son mépris pour nos motivations,  mais une vraie question d’objection de conscience.

De fait, je dois reconnaître que durant ces trois dernières années,  il ne m’est à aucun moment venu à l’idée de me présenter volontairement au procès pénal qu’on m’intente.
Cela n’enlève rien au fait que les attaques au droit de se défendre que j’ai subies aient été telles que nous les avons expliquées, qu’elles demeurent inadmissibles, et constituent une preuve de plus du peu de respect que portent les institutions de justice aux droits fondamentaux qu’elles disent défendre.

Bien sûr qu’il était intéressant pour moi que ce jugement soit suspendu. Je voulais gagner du temps tout simplement parce que plus le temps est passé depuis ma remise en liberté provisoire en mai 2009, plus les actions que nous avons concrétisées afin de construire une autre société digne de nos coeurs ont gagné en force.


Je voulais gagner du temps pour assurer mon rôle au sein de la Coopérative Intégrale Catalane. Il faut que je continue à participer à la construction collective d’une autre santé, d’une autre éducation,d’une autre économie, d’une autre manière de nous organiser. Je dois continuer à prendre part à la construction de ces expériences profondes de Révolution Intégrale qui renforcent et nourrissent les espoirs de milliers de personnes.

Face au risque de voir mon implication active pour le bien commun coupée à la racine , j’ai toujours été clair sur le fait que je préférerais protéger mon activité militante plutôt que de me laisser séquestrer par un système corrompu.

Certes, à présent je ne peux plus me rendre aux réunions, assemblées, journées d’action, mais je continue à participer activement de façon virtuelle, ce qui est infiniment mieux que d’être soumis à un régime de captivité. Confiné dans une institution totalement indigne de notre siècle : la prison. Je me trouve dans une situation de blocage de mes possibilités, sans pouvoir communiquer librement avec le monde, ce qui limite de façon critique mes relations sociales et personnelles. Et tout cela coûte une quantité d’argent significative à la Généralitat de Catalogne1, alors que ce que je fais spontanément en liberté génère de la richesse et suscite autogestion et prise de pouvoir populaire.

La manière de procéder du système judiciaire et pénitentiaire face à des cas comme le mien ne bénéficie à personne. En plus de me porter préjudice, elle nuit à l’administration publique et aux entités bancaires qui m’accusent, – sans compter qu’elles ne reverront jamais l’argent qu’elles m’ont prêté-  qui gaspillent actuellement de l’argent dans ces poursuites judiciaires, ce qui contribue à détériorer leur propre image, au vu des nombreuses personnes qui me soutiennent.


Ceci n’est pas un cas isolé. Au milieu d’un contexte de coupes des dépenses sociales qui affectent les nécessités basiques de beaucoup de personnes au prétexte du déficit économique, nous continuons à soutenir un système judiciaire et pénitentiaire qui génère un haut volume de pertes économiques à l’administration, et par conséquent aux citoyens sans que que personne, finalement, n’en bénéficie ni même seulement n’en soit affecté, et sans que l’isolement et la souffrance des personnes condamnées ne prennent fin.


Enfin, quand je dis personne… Les fonctionnaires du ministère de la justice, les juges, procureurs et avocats en bénéficient, eux : ils reçoivent des revenus stables grâce à la perpétuation de ce fonctionnement incompréhensible et aux entreprises qui détiennent les concessions de services des prisons. Ce dernier thème est assez obscur, nous devrions en parler un autre jour…

Ces personnes qui ont un travail lié au département de justice, obtiennent un bénéfice économique, d’accord. Mais j’aurais tendance à contester que les objectifs qu’elles poursuivent dans le cadre de leur travail aident réellement la majorité de ces travailleurs à ce qu’il se réalisent  en tant que personnes, et se sentent heureuses de ce qu’elles font.

Devant tous ces antécédents, circonstances et réflexions, nous ne pouvons rester les bras croisés à espérer simplement qu’ils ne nous affectent pas, et parce que nous sommes un mouvement qui désire révolutionner intégralement, nous avons décidé d’agir pour transformer également dans ce contexte de désobéissance, procès et risques de prison. C’est pourquoi j’ai rédigé comme une partie de ce communiqué une lettre ouverte à ces Messieurs du tribunal qui ont le devoir de me porter devant la justice, et à toute l’accusation :

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Chers Messieurs de la Seconde Section du Tribunal Provincial de Barcelone, de la fiscalité de l’État et des 16 entités financières (finalement pas tant que ça…) qui participent au procès pénal à mon encontre :

Je considère, et j’insiste sur ce point, qu’avoir reversé à la société les 492 000 euros que j’ai empruntés – sans les avoir jamais remboursés – a eu l’effet escompté : Après de nombreuses années d’études et de construction de projets autogestionnaires, cette somme nous a permis d’atteindre une nouvelle dimension en terme d’autogestion, via le  mouvement des Coopératives Intégrales. A l’heure actuelle, beaucoup de personnes y prennent part directement et plus encore nous soutiennent. Vous pouvez trouvez plus de détails et explications au sujet de ces projets ici : http://enricduran.cat/la-red-de-cooperativas-integrales/

Cependant, je commence à réaliser qu’une partie de la société est en conflit avec moi. Il s’agit des banques dans leur rôle de plaignantes, de la structure de l’Etat, de celles et ceux qui les soutiennent ou qui se sentent aux antipodes de ma vision du bien commun . Ceux-là ne sont pas d’accord sur le fait qu’il y ait eu une réciprocité dans notre relation ou bien, ils n’avaient juste aucunement connaissance de toutes ces initiatives. Il faut donc en toute logique nous demander de quelle manière nous allons gérer cette situation conflictuelle.

Nous partons des conditions précédentes qui sont suffisamment claires : D’un côté,  le tribunal et l’accusation ne respectent pas mon argumentation fondée sur un système de valeurs plaçant le bien commun au-dessus des intérêts privés bancaires. De l’autre côté, il y a moi, l’auteur des faits qui ne reconnaît pas la légitimité de votre ordonnance juridique, de vos lois et de votre autorité.

Tel que je l’ai expliqué dans le communiqué 2/3, généralisons la désobéissance, étendons la révolution intégrale.je fais partie d’un collectif qui regroupe chaque fois plus de personnes et depuis lequel nous construisons, en ce moment même, des pratiques concrètes de Révolution Intégrale. Nous avons pour cela rompu avec le contrat social à la base de la relation entre les citoyens et l’État, et concédé notre part de souveraineté populaire à ces processus d’auto-organisation sociale.

Vous interprétez mal notre désobéissance et la qualifiez de délinquance. Vous n’accordez pas de légitimité à notre système auto-organisé, mais encore faudrait-il que nous vous l’ayons demandé. Nous sommes égaux au moins sur ce point : nous ne vous reconnaissons pas de légitimité, et vous ne nous en reconnaissez pas non plus. La différence réside dans le fait que votre rang de représentants d’un État vous fait penser que vous avez suffisamment d’autorité pour nous obliger à obéir à vos lois et à vos ordres. Si vous pensez que vous avez le droit de nous commander, c’est dû au fait que cet État est – comme quasiment tous les États du monde à l’heure actuelle – conçu de façon totalitaire. Quant à la question de l’appartenance, selon ce modèle supposément démocratique, une personne, en fonction du lieu de sa naissance et de la nationalité de ses parents, est obligée de respecter un système d’autorités, de lois et d’ordres, bien qu’on ne l’ait pas consultée.

Dans un système lié à la Révolution Intégrale, ça ne se passe pas comme cela, les personnes choisissent de faire partie par exemple d’une coopérative intégrale selon un  modèle de libre adhésion. On peut commencer à participer à n’importe quel moment et arrêter quand on le veut.
Notre système de prise de décision est assembléaire et s’il est clair qu’il y a aussi des conflits (le conflit est propre à la nature humaine) la principale différence est que la gestion du conflit et la prise d’accords incluent et tiennent compte des opinions de toutes les personnes qui y sont liées. La prise en compte des différents points de vue, émotions et sentiments de toutes les personnes liées à chaque problème, va générer un processus de consensus jusqu’à ce que nous arrivions à prendre une décision que toutes les parties approuvent.
Je crois profondément en ce modèle de gestion des conflits et pour cela je n’accepte pas, et n’accepterai jamais que vous m’imposiez des décision auxquelles je ne puisse participer.

Ainsi donc, une fois la situation contextualisée, ce que je veux exposer au tribunal, c’est qu’avant de prétendre m’imposer de nouvelles mesures, il devra s’attendre à ce que je puisse préparer une proposition de ce que je peux apporter comme action réciproque à toute la société ou au moins à la majorité, incluant des secteurs très éloignés de nos valeurs et façons de voir la vie.

Ce sera une proposition qui, en plus d’être cohérente avec notre principe d’autonomie ayant pour cadre la Révolution Intégrale, bénéficiera aux classes populaires et à toutes celles et ceux qui, plutôt que de se sentir reliés à un Etat (qu’il soit espagnol ou devienne catalan), continuent à espérer voir se refléter leurs idéaux de liberté, de justice et d’équité.

L’autre possibilité qu’a le tribunal, c’est de continuer dans sa voie toute tracée; me traquer, me rechercher pour tenter de me capturer dans l’un des nombreux lieux d’Europe où l’on m’a offert le refuge. Dépenser énormément d’argent en investigations policières et si vous m’arrêtez, dans le coût de mon maintien en prison, et en jugements inutiles. Vous continuerez ainsi à générer l’indignation populaire qui bientôt comportera plus de douleur, de coûts policiers et de manipulations médiatiques. Finalement, avec cette option, le tribunal choisirait de faire partie de la vie autoritaire et destructrice qui est en train de mener la société capitaliste dans l’impasse.

Ainsi donc, la proposition que je vous ai faite reste sur la table, une proposition pour toute la société sur laquelle nous continuerons à travailler. A partir de là, Messieurs du tribunal, nous verrons ce que vous ferez  !

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Et bien camarades, amis, lecteurs et lectrices

Tout ce que je mentionne au long de cette lettre me renforce dans la certitude que je contribuerai bien mieux à la société en prenant le temps de préparer, en profondeur, une bonne proposition. Elle devra être digne  d’être présentée au tribunal et à toutes et tous.

En prévision de ce qui pourrait se passer, j’ai initié une nouvelle étape.

Quelques jours avant le procès, j’ai disparu sans laisser de traces, et depuis je préserve ma liberté quelque part en Europe.

Ce n’est donc pas un mouvement improvisé, ni une décision seulement personnelle. Cela faisait des mois que je savais que ce procès pouvait rapidement avoir lieu. Quand après l’été, une fois l’instruction terminée, la seconde section du tribunal s’est vu nommée tribunal compétent, nous avons choisi de faire de des circonstances a priori défavorables du procès, une nouvelle opportunité créative. L’ occasion de générer une structure qui, bien au-delà de mon cas, bénéficiera à toutes les personnes qui pourraient être confrontées à des risques similaires, suite à leurs actes de désobéissance.

C’est le moment de le porter en avant, indépendamment de ce qui arrive au tribunal.

C’est un projet collectif qui commence et il se donne le temps de débattre en profondeur et avec discrétion. Nous avions prévu de débuter ce projet lorsque cela serait nécessaire à pour l’un ou l’une d’entre nous. Le moment est venu et nous avons envie de l’expliquer.

Il ne s’agit pas d’une proposition avant-gardiste; elle a plutôt pour but de rattraper notre retard. Nous voulons protéger la Révolution Intégrale en travaillant pour que ni moi, ni aucun autre activiste désobéissant ne termine en prison. Une proposition dont nous pensons qu’elle intéressera des personnes engagées pour les droits humains et la transformation sociale, en Catalogne et partout dans le monde.

Parmi les principaux objectifs de ce nouveau projet il y a :

  • La création d’une structure organisationnelle pour protéger l’intégrité physique des activistes engagés dans la transformation sociale, la révolution intégrale et la liberté d’expression. Elle servira à qui choisira la désobéissance et la protection personnelle face à la persécution des structures judiciaires et répressives de l’État et les pouvoirs économiques.

  • L’approfondissement de l’investigation et le développement de stratégies intégrales pour garantir qu’aucun autre activiste désobéissant ne soit persécuté ni menacé de prison par aucun type de pouvoir oppresseur. Nous allons notamment approfondir sur les alternatives au système judiciaire et au tout aussi infructueux modèle pénal basé sur l’emprisonnement. Nous voulons que divers collectifs sociaux qui pourraient se voir affectés par des mesures pénitentiaires puissent également en bénéficier.

  • Le développement de la liberté d’expression : En diffusant des informations et autres contenus passés sous silence sciemment, du fait de la pression des pouvoirs établis. Cette structure permettra également l’affirmation de champs d’études et de recherches qui ne peuvent se développer actuellement, ou se voient freinées par  diverses formes de pression et par manque de ressources économiques. Nous pensons notamment à la libération et à la diffusion massive de connaissances clefs réservées à quelques-uns dans des domaines comme la santé, la technologie, l’énergie …

La nécessité d’une telle structure de protection contre la justice, contre des mercenaires ou d’autres menaces émanant du pouvoir est assez évidente aux vues de ce que nous enseigne l’Histoire. Nous sommes nombreux à connaître des exemples d’investigateurs persécutés, d’informateurs et de journalistes assassinés. Rien qu’au Mexique, 71 journalistes furent assassinés en 12 ans. La traque de Julian Assange, le responsable de Wikileaks est assez édifiante. Il y a un siècle déjà, Tesla, le génie des inventions énergétiques vécut ses derniers jours dans une grande misère. Cela nous donne à réfléchir.

Au-delà de ces cas si célèbres, il y en a des centaines d’autres, de censure et de pression des pouvoirs factices.  Avec une structure collective comme celle que nous envisageons, nous pourrons leur faire face et élargir notre champ d’action. Sans aller plus loin, le jour même de la rédaction de ce communiqué, la revue Cafe con Leche (Café au Lait, NDT) qui avait publié la vidéo  la vidéo “Le plus gros vol de l’histoire de la Catalogne” a du la retirer suite à une décision judiciaire.
Nous savons que loin de s’arrêter du fait de l’action de censure de la “justice”, la désobéissance se généralisera. Preuve en est,  comme d’autres sites internet, Derecho de rebelión (Droit de rébellion, NDT) l’a remise en ligne : (1) et (2)

Lutter pour la liberté d’expression et le bien commun implique toujours plus de risques. De nouvelles structures autogérées de protection sont nécessaires pour nous rendre invisibles aux systèmes de contrôle du pouvoir sous toutes ses formes.

Le nom de ce nouveau projet collectif est RADI (Révolution, Action, Désobéissance, Intégrale). Le  RADI travaille dès aujourd’hui pour réussir à atteindre ces objectifs. Il est possible de trouver plus d’informations sur www.radi.ms

Nous communiquerons publiquement depuis cette nouvelle identité . Cette première personne du pluriel depuis laquelle j’ai parlé dans les derniers communiqués prend donc forme et a un nom à partir de maintenant.

Une nouvelle graine a germé : elle est Engagée, Résistante, Vivace, Humble, Révolutionnaire, Activiste, Désobéissante, Intégrale, Créatrice, Active, Libre, Rêveuse, …
A l’abri de l’orage, elle respire le bonheur dans un des jardins rebelles de notre monde. D’autres y germeront encore, déterminées et sans détour pour lever les yeux et dire : “Nous n’avons pas peur !”

Une nouvelle dimension de la Révolution Intégrale a commencé !

Enric Duran + RADI
28 février 2013

 

1Sorte de Conseil Général selon le régime d’autonomie des régions de l’Etat espagnol http://fr.wikipedia.org/wiki/Generalitat_de_Catalogne

Généralisons la désobéissance, étendons la Révolution Integrale. Appel À L’action

Comunicat d’Enric Duran (2/3)
pancarta-capitalismo

 

  GÉNÉRALISONS LA DÉSOBÉISSANCE, ÉTENDONS LA RÉVOLUTION INTÉGRALE.


APPEL À L’ACTION.

Communiqué d’Enric Duran (2/3)

Le déracinement dont nous souffrons en tant qu’espèce, est inhérent aux dynamiques de ce système et n’a aucun précédent connu. La colonisation de nos vies va au-delà de ce que l’on résume par “crise économique” : Cette  crise affecte tous les milieux. Elle nous fait oublier les valeurs et perdre les capacités nécessaires à la vie et à la convivialité.

Tandis que  les droits sociaux et économiques – acquis au cours de décennies de luttes – se dégradent durablement, la déshumanisation se voit favorisée par le développement de l’individualisme et de la superficialité alliés au contrôle social exercé par l’Etat au travers de la répression, de l’assistanat, de la désinformation et de l’éducation autoritaire. C’est ce qui détruit notre capacité à réfléchir, agir et aimer la vie elle-même. Ce qu’on appelle l’essence humaine1 est à l’agonie.

Pour ne pas perdre cette essence, une reconstruction consciente devient indispensable tant au niveau individuel que collectif. Ce sera le premier pas vers la renaissance de ce qui est aujourd’hui putréfié dans ce système et en notre propre personne.

La prise de conscience, qui commence à se manifester aujourd’hui, est accompagnée d’une rupture radicale avec les besoins qui nous sont imposés, matériels ou non. La simplicité volontaire fait son chemin :  la vie heureuse et le bien vivre  [dans la frugalité matérielle],  sans limites dans l’abondance de ce qui est fondamental : les sentiments. Nous apprenons donc à autogérer collectivement les ressources qui nous permettront de nous approvisionner dignement de ce dont nous avons vraiment besoin, en construisant des formes de vie qui ont pour fondement le soutien mutuel en réseaux de confiance.

Dans le même temps, nous devons rompre avec la verticalité qui sous-tend cette société, et il ne sera pas possible de le faire passivement. La violence structurelle du système de domination impose une réponse empirique et organisée depuis la base, avec des projets horizontaux d’action politique et d’émancipation idéologique. Il ne s’agit pas d’être de droite ou de gauche et encore moins, de qui est en haut ou en bas. Il s’agit de rassembler tous ceux qui aimeraient tendre de manière organisée vers un autre système, tous ceux qui mettent en valeur les biens communs et relationnels, la coopération, la réciprocité, la mutualité et la multiculturalité ; le tout en tenant compte des limites de la Terre, notre foyer commun, et en se concentrant sur le soin qu’on lui porte.

Nous appelons Révolution Intégrale l’ensemble de cette évolution vers la libération, la reconstruction du sujet collectif et des conditions de notre existence. C’est un processus autogéré de construction basé sur l’autonomie et sur l’abolition des formes de domination en vigueur : les états, le capitalisme et tout ce qui interfère négativement dans les relations humaines et dans la relation avec la nature. La Révolution Intégrale comprend une action consciente qui vise à améliorer et à retrouver les qualités et les valeurs de la vie collective . Ce processus s’accompagne dans le même temps de la construction de nouvelles formes d’organisation qui garantissent l’égalité de décision et l’équité dans la couverture des besoins vitaux.

C’est la Révolution des personnes qui vivent chaque jour comme elles le sentent, recréent pas à pas les liens de voisinage, et ne se placent ni en-dessous, ni au-dessus de qui que ce soit. C’est la Révolution de celles qui écoutent, qui rient, qui dansent;  de celles qui savent donner une seconde chance, de celles qui quand elles le doivent, font sauter leurs propres normes. C’est la Révolution de celles qui n’ont pas peur mais au contraire, ont confiance; la Révolution de celles qui aiment… Toutes ces personnes-là font déjà la Révolution Intégrale.

Cela fait déjà longtemps que de nombreux individus et collectifs sont sur ce chemin. Des générations entières sont même nées au sein de sociétés libres et autonomes, hors de portée des griffes autoritaires de tous les systèmes connus. C’est le cas des peuples indigènes qui résistent en étant conscients que leurs actes ne se répercutent pas seulement dans “l’ici et maintenant” et qu’il faut prendre soin de tout ce qui permet la vie, prendre soin du bien commun. Ils sont sans le savoir les anticapitalistes les plus radicaux qui soient et ce, sans besoin de se qualifier d’ “anti” quoi que ce soit. Celles et ceux qui vivent dans ce que l’on appelle l’Occident, peuvent eux aussi se réapproprier  la construction continuelle de l’identité collective et exercer leurs droits par le biais de l’action directe, sans attendre d’autre permission que celle du mouvement des Assemblées Locales. Tous les peuples ont une capacité égale à recouvrer leur identité, à créer du lien avec les éléments de l’environnement et à se remémorer les savoirs ancestraux qui une fois combinés avec l’intelligence collective, donnent les outils pour la Révolution Intégrale.

Nous vivons ce nouveau monde que nous construisons tout en devant tenir compte des interférences provoquées par les tentatives de coercition et d’assimilation des états mais sans pour autant centrer toute notre attention et nos intentions la-dessus. Il se peut que le plus grand acte révolutionnaire soit de faire abstraction de tous ceux-là, de laisser les maîtres sans esclaves. Mais, comme les tenants du pouvoir ne font pas abstraction de nous, il ne nous reste qu’une solution : Désobéir. On nous critique d’ailleurs souvent pour la légèreté avec laquelle nous passons outre l’autorité, qu’elle soit judiciaire, sanitaire, intellectuelle, culturelle, économique ou politique.

C’est pour cela que nous optons pour la Désobéissance Intégrale, une condition nécessaire pour continuer à construire.

Pour faciliter la compréhension de ce terme, nous introduisons le concept de « contrat social2]». Le contrat social  est un concept philosophique et politique qui sous-tend les bases du lien entre individu et société.

La Désobéissance Intégrale consiste en une rupture du contrat social qui nous lie avec l’Etat dont relève le territoire où l’on vit, et en la réalisation d’un nouveau contrat social entre l’individu et une communauté avec laquelle il se sent réellement en lien.

Dans le cadre du processus de Révolution Intégrale surgissent de nouvelles communautés de référence. Les personnes y sont accueillies et peuvent participer activement au processus de définition des droits et devoirs propres à ce nouveau contrat social qui rend possible la vie en société. Une communauté rurale autogérée, une zone autonome ou une coopérative intégrale sont trois exemples de ces nouvelles institutions avec lesquelles nous choisissons de conclure ce nouveau contrat social. Au lieu de déléguer notre souveraineté à une supposée démocratie parlementaire, nous participons directement aux décisions par le biais d’une véritable démocratie assembléaire. Passer d’un contrat implicite — que nous n’avons pas réellement signé — à un contrat explicite, est un grand avancée vers une vie en société qui soit de fait une vie en liberté. Il est possible de faire partie de plusieurs communautés à la fois en répartissant entre toutes notre participation et notre engagement. La plupart d’entre elles peuvent se compléter les unes les autres; de la plus petite et expérimentale, à la plus large et structurée, aucune n’est totalitaire- ce qui les différencie nettement des Etats en vigueur). De même, aucune ne prétend contrôler toutes les sphères que comprend l’individu. Elles se cantonnent à fournir des domaines, des thèmes auxquels chaque personne décide ou non de se lier.

Les assemblées locales, qui se veulent chaque fois plus constructives, les espaces autogérés pour couvrir les nécessités communautaires, et les coopératives intégrales qui évoluent jour après jour, sont quelques uns des éléments de la Révolution Intégrale. Ces exemples sont bien plus dignes de la souveraineté populaire  que les institutions supposément démocratiques de l’Etat puisque des personnes participent quotidiennement à la politique de ces mouvements assembléaires. Lorsque nous pratiquons la Désobéissance Intégrale, nous démontons la légitimité du système d’état capitaliste et nous apportons notre participation légitime à un nouveau système.

A partir du contexte exposé, notre stratégie à long terme n’est pas l’amélioration de la société ni depuis l’intérieur (par les voies institutionnelles ou revendicatives) , ni au travers de réformes, d’actions de lobbying, etc… La régression des droits sociaux que nous vivons depuis un quinquennat nous a prouvé que le système capitaliste est capable de démonter en une seule législature ce qui peut coûter des décennies de lutte et de mobilisations sociales.

Toutefois nous reconnaissons la valeur de la dénonciation, de la conscientisation, de la dignité et de l’émancipation sociale que signifient les processus de mobilisation qui se vivent de manière joyeuse, sérieuse et déterminée ; les victoires à court terme qui peuvent s’obtenir par cette voie ont toute leur importance.

La lutte pour la défense du droit au logement de la Plateforme des Victimes de l’Hypothèque (PAH)3est un exemple totalement d’actualité. Ce mouvement  a mobilisé des centaines de milliers de personnes le 16 février dernier pour défendre une Iniciativa Legislativa Popular4   avec 1.402.854 signatures et la «Marée Citoyenne»5 qui le 23 février — jour suivant la publication de ce communiqué — , vivra une mobilisation importante sous le slogan : «Marée Citoyenne contre les coupes budgétaires et pour une vraie démocratie».

«Personne ne doit douter qu’un petit groupe de personnes puisse changer le monde»

Peut-être l’idée vous vient-elle à l’esprit que nous qui sommes disposés à assumer ces valeurs de transformation intégrale de nos vies, sommes une minorité dans la société. Nous pourrions arriver à la conclusion qu’approximativement 1% de la Catalogne participe activement à une quelconque initiative autogestionnaire, et qu’entre 5 et 10% sont directement affiliés, même s’ils n’y participent pas personnellement ou seulement sporadiquement. Si nous avions réfléchi à cela il y a 15 ans, quand les coopératives de consommation, les centres sociaux autogérés, les SELs et autres réseaux d’échanges, les écoles libres, étaient encore minoritaires e, nous aurions sûrement statué que le nombre de participants allait être au moins 10 fois inférieur. Nous étions encore loin d’imaginer que des coopératives intégrales voient le jour, mais sans les efforts de cette petite minorité, nous serions aujourd’hui très loin du résultat que nous constatons aujourd’hui.

Si l’on continue au même rythme, en 2028, 10% de la population participera activement à ces constructions et au moins 50% en sera proche et/ou y aura participé à  au moins  une fois dans sa vie.

Mieux vaut une liberté dangereuse qu’une servitude tranquille

A présent, n’ayons plus peur de la prison, de la police, d’être en minorité ou de manquer d’argent. La seule chose qui doit nous faire peur, c’est notre peur elle-même : C’est elle est l’ultime rempart avant l’émancipation dont nous avons besoin pour reprendre le contrôle de nos vie, pour pouvoir construire la société que nous voulons. Ainsi donc, camarades, je vous demande de dépasser vos peurs.

La sécurité à court terme n’est pas une excuse pour remettre au lendemain l’engagement envers une autre société. C’est l’engagement envers nous-mêmes qui est en jeu, pour vivre de la manière dont nous voulons vivre et nous sentir bien ainsi.

Défiler dans la rue jusqu’à nous épuiser n’est pas suffisant. Nous pouvons aller plus loin. Nous pouvons désobéir à n’importe quelle autorité imposée. Nous pouvons cesser d’acheter aux multinationales et passer au commerce local et direct. Nous pouvons nous ravitailler nous-mêmes, faire des échanges. Nous pouvons utiliser des monnaies sociales. Nous pouvons transformer nos relations personnelles. Nous pouvons arrêter d’accepter les discriminations de tous ordres… Quelques soient nos chaînes, nous pouvons les briser.

L’indignation ne suffit pas, seul l’engagement révolutionnaire accompagné d’une attitude de Désobéissance Intégrale à l’égard du pouvoir légal, politique et financier, saura nous porter jusqu’à atteindre les changements que nous voulons voir dans ce monde.

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Appel à l’action pour étendre la Révolution Intégrale

Avec cet appel nous proposons 3 actions. Elles visent à élargir les chemins déjà tracés :

1ère action
PAR NOUS :
, POUR LA REVOLUTION INTEGRALE :

 

Les 15, 16 et 17 mars. 1º anniversaire de la publication Rebeláos et 4º anniversaire de la publication Podemos.

Nous appelons toutes les coopératives intégrales, les projets autogérés, les noyaux d’autogestion locale, les écoréseaux, mais aussi toutes les initiatives autonomes proches des principes de l’Appel à la Révolution Intégrale, à organiser des journées décentralisées d’information et d’accueil. Le but sera de faciliter la participation de toutes les personnes qui veulent connaître les actions existantes et faire le pas de rejoindre un processus de construction autogestionnaire, loin du capitalisme.

Nous proposons une action similaire à celle qui eut lieu le 17 septembre 2009, quand plus d’une centaine de «points de rencontre» ont éclos  partout dans les rues [de Barcelone].

Nous avons aujourd’hui une opportunité que nous n’avions pas à l’époque, de faire le lien avec des réalités de construction sociale avancée

Et cette fois nous ne proposons pas de manière d’accueillir les personnes intéressées:  Nous invitons chaque mouvement à utiliser sa créativité pour adapter et donner forme à cette proposition selon sa réalité du moment.

Provisoirement, nous transmettrons les nouvelles de cette action ici : http://www.enricduran.cat/15-17M . Nous activerons bientôt une autre page spécifique pour recueillir toutes les informations (notamment une carte des appels et un calendrier commun).

2ème action
FACE A LA BANQUE :

 

Du 18 mars au 17 avril appellons à un transfert de comptes bancaires.

A fermer les comptes actions, comptes épargne et comptes courants, à les déplacer pour ouvrir de nouveaux comptes dans une banque éthique et coopérative.

C’est seulement ainsi que nous favoriserons la réactivation d’un type d’économie profitable au bien commun et bénéficiant à la majorité de la population.

Nous cesserons de financer l’économie de casino et contribuerons dans un même temps à financer des projets coopératifs, autogestionnaires  qui répondent aux besoins réels des personnes.

Nous invitons aussi à fermer tous comptes pour ceux qui peuvent se passer d’une banque conventionnelle.

Possibles options où transférer les dépôts [pour les espagnols]:

Fiare :  Projet de banque éthique coopérative à l’échelle européenne

Cela fait déjà des années qu’elle accepte les dépôts bancaires et réalise des prêts pour des projets sociaux et coopératifs.

Au dernier trimestre de cette année, elle commencera à accepter les comptes courants.

Plus d’infos : <a1>http://www.fiare.org</a1>

Coop 57: Coopérative de services financiers éthiques et solidaires, qui gère l’épargne et les prêts pour les projets d’économie sociale qui promeuvent l’occupation, développent la coopération, la solidarité, la soutenabilité sur la base de principes éthiques et solidaires.

Plus d’infos :<a1> http://www.coop57.coop</a1>

Som energia: Coopérative de production et de consommation d’énergies renouvelables

Ce n’est pas une banque, ni une entité financière, mais avec l’épargne de ses membres, elle développe la création de projets coopératifs d’énergies renouvelables.

Plus d’infos : <a1>http://www.somenergia.coop</a1>

Casx: Coopérative d’Autofinancement Social en Réseau.

C’est un projet naissant, de caractère assembléaire qui prête l’épargne de ses membres  sans interêts pour des projets autogestionnaires et affiliés à ses principes similaires à ceux de la Révolution Intégrale.

Son premier anniversaire depuis sa mise en place coincidera avec cette action.

Plus d’infos : [LIENhttp://www.casx.cat]

[Sur d’autres territoires, si on veut participer, on pourra remplacer ou élargir ces propositions par d’autres entités propres à son lieu de vie]

Le sens de cette action est évident :

Nous devons couper  court  à toute collaboration avec la banque capitaliste,  et ce de toutes les façons possibles car elle est nuit à des millions de personnes notamment du fait de ses pratiques spéculatives.

Choisir où déposer notre épargne est l’une des plus remarquables manières de définir nos valeurs et notre manière de vivre.

3ème action
FACE A L’ETAT:

 

En vue d’avril et mai : Appel à l’insoumission fiscale dans la déclaration des revenus.

Comme nous l’avons déjà promu l’an passé avec le Manuel de désobéissance économique 6. Nous vous appelons à nouveau à  initier et étendre une action d’insoumission fiscale face à l’Etat espagnol et ceux qui le contrôlent. Cette action matérialisera une preuve que nous ne payerons par leurs dettes. Tout simplement parce que nous ne reconnaissons ni cette Constitution, ni ce gouvernement, fantoche du capitalisme financier global, ni par conséquent, les Budgets de l’Etat 2013 .

En lieu et place de cela, nous soutenons l’autogestion fiscale.

Nous proposons donc que les ressources que nous ne voulons pas payer à l’Etat soient dérivées vers des projets autogestionnaires, des initiatives utiles pour couvrir les besoins de la population.

Dans le prolongement de cette campagne, nous publierons une nouvelle édition du Manuel de désobéissance économique et actualiserons la page www.derechoderebelion.net

En parallèle à cet appel, nous reconnaissons et nous déclarons solidaires d’autres initiatives qui travaillent sur ces mêmes thèmes comme la “Campagne de saisie fiscale contre la corruption”. Promue par l’Appel à la désobéissance, cette action consiste à payer ses impôts sur un compte à l’agence fiscale. Celle-ci ne pourra toucher l’argent que si elle remplit les critères de transparence institutionnelle qu’exige la campagne en question.

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Et bien au-delà des actions coordonnées qui peuvent nous aider à nous reconnaître et à faire se rassembler de nouveaux participants, il est fondamental de continuer au jour le jour ce que sommes en train de construire.

Nous nous aidons dans les difficultés en nous soutenant les uns les autres. Nous pouvons résoudre les problèmes de voisinage en autogestion et nous en sortir beaucoup mieux que ne le fait l’Etat.
Nous pouvons tous autant que nous en sommes, nous mettre en réseau pour convertir nos vies en une Désobéissance Intégrale au pouvoir et en une construction conjointe de la société que nous portons depuis l’intérieur.

C’est pourquoi, depuis plusieurs jours, un groupe de personnes de projets affiliés à la Révolution Intégrale, mettent en marche l’Appel à la Révolution Intégrale, pour construire un espace idéologique et politique international.

Vous pouvez le trouver sur http://www.integrarevolucio.net

Vive les désobéissants et désobéissantes, vive la Révolution Intégrale !

Enric Duran Giralt

22/02/2013

Ps :Je tiens à préciser que ce communiqué et cet appel à l’action ont pour seule fonction d’être le porte-voix d’une pensée et d’un processus collectifs. C’est le collectif qui les ont rendu possible et continueront à le faire.

De par les circonstances judiciaires, je dispose actuellement d’une visibilité symbolique, et je jouis à la fois d’une invisibilité physique.

Il serait désirable qu’en d’autres occasions cela revienne à une autre personne.

Je ne fais pas référence ici à la farce judiciaire qui me concerne, mais au rôle de porte voix.

 

1Concept philosophique. L’essence constitue ce qui désigne la nature d’un être. http://www.philolog.fr/essence-et-existence/

 

 

 

4 Proposition de loi émanant du peuple. Vidéo de cette initiative. Discours d’Ada Colau au congrès. 40mn http://www.youtube.com/watch?v=A8Z6xkwfXaA

 

 

 

Ni lois pour maintenir les inégalites, ni jugements qui perpétuent l’opression. Reconstruisons le vivre ensemble

AUDIENCIA7
Notre société semble ne pas concevoir que l’on puisse vivre autrement, d’une manière qui
ne soit pas régie par la loi.Nous perdons tout esprit d’initiative, jusqu’à la simple habitude
de raisonner, car dès l’enfance l’éducation tue l’esprit de révolte et nous conduit vers une
obéissance aveugle à l’autorité. Cela fait des siècles que les gouvernants insistent : respect
de la loi, obéissance à l’autorité. La majorité des pères et mères éduquent leurs enfants
avec ce sentiment et l’école le renforce. Le tout fait de la loi un culte que les conduites
exemplaires protègent des rebelles.

Mais de quelle loi est-il question ici ?
Nous savons que le système légal des Etats occidentaux est le fils du droit romain.
Autrement dit, le droit est héritier d’un système législatif qui s’est construit à une époque
connue pour ses barbaries impérialistes et militaires, une ère durant laquelle
l’esclavagisme et la peine de mort étaient aussi quotidiennes que le lever du soleil ou celui
de la lune. Un Empire romain qui colonisa la péninsule ibérique, et avec celle-ci, les
habitants qui en étaient originaires. Depuis lors, nous sommes passés par toutes sortes de
régimes autoritaires; des siècles et des siècles de barbarie et de perversion dans la
soumission au droit romain. Ainsi sommes-nous arrivés jusqu’à la mal-nomméedémocratie
qui a cours aujourd’hui, sans avoir jamais rompu avec l’ordonnance juridique
romaine.

Il faudrait faire un bond d’un millier d’années en arrière pour comprendre la force de
l’acceptation et de l’intériorisation généralisée d’expressions comme “obéissance à la loi”.

A la vue des atrocités commises par les nobles des époques passées contre les hommes et
les femmes du peuple, nous pouvons comprendre que ceux qui n’ont jamais obtenu justice
vivaient comme un triomphe le fait de voir reconnus – du moins en théorie – quelques-uns
de leurs droits personnels. Cela leur permettait de se soustraire a l’arbitraire des seigneurs
Précisons qu’aux XIXe et XXe siècles on considérait encore les droits comme une
concession que l’État faisait aux individus. Autrement dit, une conquête du peuple vis-àvis
de la prédisposition de l’État à détenir un pouvoir absolu sur la vie des personnes.

La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme n’est à ce jour toujours pas parvenue à
prévaloir face aux intérêts spécifiques des mal-nommés “États-nations”. Ceux-ci se basant
sur les priorités gouvernementales et les intérêts des pouvoirs économiques, considèrent
les libertés individuelles et les droits collectifs comme une intention louable, mais
nullement comme d’une obligation à respecter.

Aujourd’hui encore nous voyons se reproduire un fait paradoxal : les personnes qui veulent
être libres, commencent par demander à leurs oppresseurs qu’ils les protègent en modifiant
les lois qu’ils ont eux-mêmes créées. Mais la possibilité de modification de lois sur la base
du bien commun n’est rien de plus qu’une tactique préconçue. Elle consiste à faire de
petites concessions pour arriver au conformisme et à l’acceptation soumise de la majorité
de la population face à de grandes injustices.

Malgré tout, nous rencontrons toujours des révoltés qui ne veulent pas obéir aux lois, en
particulier, lorsqu’ils connaissent les intérêts de contrôle qui les sous-tendent et se méfient
des intentions de ceux qui les dictent ; plus encore quand ces personnes se sentent
capables de créer et cohabiter dans des structures sociales horizontales dans lesquelles on
n’a pas besoin d’autres normes que celles dictées par le sens commun et la solidarité.

Le législateur confond, dans un seul et même code, les maximes que représentent les
principes de cohabitation avec les normes qui consacrent l’inégalité. Les habitudes et les
traditions, absolument nécessaires à l’existence des sociétés, sont habilement mêlées à ces
autres normes qui ne profitent qu’aux dominants et se maintiennent par crainte de
supplices pires encore.

Tout au long de ce cheminement historique, nous manquons d’une rupture juridique, d’une
nouvelle construction sociale du droit et d’accords de cohabitation qui ne soient pas le fruit
de réforme datant d’une époque antérieure plus obscure. Nous avons besoin d’un
changement qui ne prenne pas ses racines dans le pouvoir absolutiste de l’ère des
empereurs, des rois ou des dictateurs.

Dès le commencement de notre époque, celle des dites démocraties capitalistes et de la
“séparation des pouvoirs”, le pouvoir judiciaire a fait partie des trois pouvoirs oppresseurs
avec le législatif et l’exécutif. Le pouvoir judiciaire est le gardien suprême de l’obéissance
et du contrôle social à travers la surveillance de l’exécution de tous types de lois, même
abusives et injustes.

Le système judiciaire se compose, principalement, de juges et de magistrats et jouit — au
moins en théorie — de l’indépendance vis-à-vis de l’exécutif et du législatif. du fait de la
séparation des pouvoirs. Cette idée est cependant erronée puisque dans la pratique, de par
sa capacité à limiter l’activité du gouvernement et l’approbation de nouvelles lois, le
système judiciaire influe de manière déterminante sur la formulation et l’exécution des
politiques publiques. Dans le même temps, il dépend de l’exécutif de par le Ministère de la
Justice, qui lui attribue ses budgets ou établit les mécanismes de sélection des charges
judiciaires.Pour toutes ces raisons, l’indépendance supposée n’est rien d’autre qu’un
mirage.

Jusqu’ici, cet exposé n’est rien de plus qu’une approche générale des Etats supposément
démocratiques d’Europe. Pour poursuivre, nous nous centrerons un peu plus sur
l’oppression directe qui nous est donnée à vivre.

En Espagne, l’organe de gouvernance autonome du pouvoir judiciaire est le Conseil
Général du Pouvoir Judiciaire (CGPJ).Il est compétent sur l’ensemble du territoire. Il fut
créé en 1978 pour atténuer l’influence des éléments franquistes, avec pour principale
fonction de veiller à la garantie de l’indépendance des juges et magistrats face aux autres
pouvoirs de l’Etat. Il se situait dans une position institutionnelle de parité avec le
Gouvernement, le Congrès, le Sénat et le Tribunal Constitutionnel.

Récemment, le Conseil des Ministres de l’Etat espagnol, sur proposition du Ministre de la
Justice Alberto Ruiz-Gallardón, a approuvé un projet de modification de la Loi Organique
du Pouvoir Judiciaire. La réforme cherche à renforcer le fait que ce soient les politiques
(les chiens les plus obéissants du BCE et du FMI) qui commandent, en détenant entre leurs
mains la capacité de placer des juges, corrompus ou non, dans les lieux d’autonomie. Avec
un tel objectif, on prévoit que n’importe quel juge puisse se présenter comme membre du
CGPJ avec le soutien de seulement 25 membres de la judicature, alors qu’ils devaient
jusqu’à présent être au nombre de 100.Le fait que les voix doivent être approuvées par la
majorité des 3/5 au parlement fait qu’en pratique c’est le PPSOE1 qui élit et, en ce moment
même, la majorité absolue garantit au PP2 la possibilité d’une nomination en fonction de la
nature idéologique du candidat. En pleine avalanche de scandales de corruption politique
la classe gouvernementale est de toute part mise en cause. Il semble donc vital au PP de
s’assurer un pouvoir judiciaire pour se maintenir au pouvoir en toute impunité.

Au sommet de la pyramide de l’appareil juridique on trouve le Tribunal Constitutionnel3
dont l’oeil vigilant a pour mission de veiller à ce que la Constitution Espagnole soit
respectée. Il révise les lois et les normes érigées en lois.

La Constitution en vigueur, celle de 1978, est le résultat d’un pacte entre les forces de la
dictature et celles qui y étaient opposées. Ce pacte fut approuvé sous houlette de l’armée
franquiste qui, sous couvert de démocratie, réussit à le faire accepter par référendum
Mais que pourrions nous espérer d’un système judiciaire qui se soumet au maintien d’une
structure ouvertement fasciste? Rien de bon. De même que l’on ne peut rien espérer de bon
d’une constitution qui a été rédigée et signée dans de telles circonstances . Il est
implicitement inscrit dans son texte que l’autoritarisme et la soumission de la majorité aux
intérêts d’une minorité – celle-là même qui avait séquestré le pouvoir jusque là – n’est en
rien disposée à le rendre à la citoyenneté.

En parallèle à tous ces efforts pour feindre l’indépendance, la crue réalité est là sous nos
yeux : Ceux qui ont pris le pouvoir, qu’il soit politique financier ou même judiciaire, ne
terminent jamais en prison. Ils ne sont pas allés en prison quand ils ont assassiné sous une
dictature fasciste, comme nous le rappellent les garants de la défense de la Mémoire
Historique4. Il en est de même des responsables de la crise systémique que nous subissons
à l’heure actuelle : Ils sont libres alors qu’ils sont coupables de corruption et d’avoir
totalement dérégulé les contrôles du crédit. Cette crise qui a ruiné économiquement des
centaines de milliers de personnes est de plus en plus communément surnommée par la
classe populaire “la grande arnaque”.

Nous ne sommes pas les seuls à sentir que la justice est injuste ou encore à constater que la
corruption sévit à toutes les échelles de la si-mal-nommée-démocratie. Dans la même
“gueule du loup”, on trouve plus de 1000 magistrats qui ont adhéré en 2010 à un
manifeste dénonçant la “politisation” du système judiciaire et tirant la sonnette d’alarme
quant à la menace que cela représentait pour l’indépendance de la justice. Un an plus tôt,

1 Equivalence de l’UMPS en France.
2 Partido Popular (équivalence UMP) fondé par un ex ministre franquiste :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_populaire_%28Espagne%29
3 http://fr.wikipedia.org/wiki/Tribunal_constitutionnel_%28Espagne%29
4 http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_sur_la_m%C3%A9moire_historique

une étude réalisée par le Conseil Général du Barreau espagnol concluait que sur plus de 5
000 avocats, 85% affirmaient que Conseil Général du Pouvoir Judiciaire s’était converti
en un organe si politisé qu’il lui était devenu très difficile de gérer efficacement et
impartialement le fonctionnement de la justice. Toujours selon cette étude, 71% des
avocats penseraient que la justice fonctionne mal, et 82% penseraient que malgré tous ces
défauts et imperfections, l’Administration de la Justice représente l’ultime garantie de la
défense de la démocratie et des libertés.

Nous pouvons nous demander ce qu’ils penseraient aujourd’hui, car en 2012 s’est produit
une élitisation de l’accès au système judiciaire, par le biais d’une augmentation des taxes
judiciaires, privant de la défense de ses droits ceux n’ont pas les moyens de payer. Cette
taxe, ajoutée aux coûts des procureurs et honoraires des avocats, décourage les moins
riches à défendre leurs droits par la voie judiciaire.

Et on ose maintenir hypocritement l’article constitutionnel “Les espagnols sont égaux
devant la loi, sans qu’aucune discrimination puisse prévaloir pour des raisons de
naissance, de race, de sexe, de religion, d’opinion ou quelque autre condition ou
circonstance personnelle ou sociale “?

Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres de comment la loi affirme une chose, et comment en
réalité il s’en passe une autre; de comment l’Etat prétend nous faciliter la vie et comment il
arrive l’inverse, de comment certains fonctionnaires disent devoir au peuple leur existence,
et comment en réalité ils nuisent au peuple. Nous devrions appeler politiquement
“décolonisation” chaque bataille livrée contre la vieille hypocrisie libérale pour construire
la dignité.

Dans ce contexte discordant, les acteurs de la justice, tout comme les médecins ou les
journalistes, doivent souffrir de ce qu’on appelle dissonance cognitive, un mécanisme
psychologique qui s’active quand une personne est forcée a faire quelque chose à l’inverse
de ce qu’était son sentiment originel. Quand les récompenses ou les punitions augmentent,
la magnitude de la dissonance croit elle aussi. Cette situation amène les vieux rêves de
jeunesse à laisser place au pragmatisme. Un mécanisme psychologique dont le pouvoir
politique et économique sait tirer profit.

Pour pouvoir être un juge, il faut être dénué de tous les sentiments qui forment la partie la
plus noble de la nature humaine . Il faut vivre dans un monde de fiction juridique, un
monde où on applique des peines de privation de liberté sans penser, ne serait-ce qu’à un
moment, à l’abîme dégradant dans lequel on jette ceux que l’on condamne. Nous voici
face à une race confectionneuse de lois, qui légifère sans savoir sur quoi elle légifère, mais
qui n’oublie jamais l’amende, mille fois plus immorale que les hommes qu’elle accable. Et
voici au final, la perte de sentiments humains du gardien de prison, le policier devenu
chien de garde, l’espion qui se méprise lui même. La délation s’est mue en vertu, la
corruption érigée en système, tous les vices, toute la perversion de la nature humaine est
favorisée et cultivée pour le triomphe de la loi.

Comment comprendre qu’en plus de deux mille ans aucune révolution juridique n’ait eu
lieu? Comment accepter que nous soyons encore en train de souffrir, qu’un groupe réduit
de personnes élues sur base de leur idéologie conservatrice et de leur proximité avec
gouvernement en place détiennent le rôle de dieux et décident de notre futur?
Comment accepter que nous régisse un système basé sur la pénalisation, la punition, un
système qui n’a de cesse de trouver des issues pour que les membres de la bande au
pouvoir n’aillent pas en prison, tandis qu’ils emprisonnent les plus actifs pour la cause du
peuple? Ils nous emprisonnent comme ils le peuvent sans prendre en compte tout le positif
que nous pouvons apporter pour améliorer la société. S’ils s’en rendaient compte, se serait
de toutes façons pour alourdir notre peine puisqu’ils sont partie prenante dans la
perpétuation de ce pouvoir que nous voulons voir tomber. Peuvent-il être juges et parties à
la fois?

La figure des juges qui historiquement se sont placés au service de tous les régimes, qu’ils
soient impériaux, dictatoriaux, faussement démocratique, oligarchique, ploutocratique,
sera toujours efficace pour perpétuer les inégalités. Ces personnes doivent-elles nous
juger? Et qui les jugera, elles?
Veut-on vraiment leur demander de nous acquitter après nous avoir jugés? Sur quelle base
devrions-nous leur accorder une quelconque légitimité juger de notre destin?

Nous n’avons jamais décidé qu’une élite au dessus de nous se voit attribuer la capacité de
nous juger. Jamais aucun rôle n’a été légitimement délégué à qui que ce soit par la
souveraineté populaire pour décider du bien et du mal. Jamais nous n’avons participé à
quelque délibération que ce soit sur la justice ou sur le droit.

Il est nécessaire que nous décolonisions l’imaginaire juridique, héritier d’un Empire datant
de l’époque ou les plébéiens et les patriciens nous jugeaient pour nous imposer leurs lois.

Il est nécessaire que nous recouvrions notre autonomie de peuple. Nous n’avons pas à
demander la permission d’être libres, ni celle de nous auto-organiser. Nous devons devenir
de plus en plus fort et être capables de résoudre par nous même les conflits qui surgiront
indubitablement de la vie collective entre les personnes, même lorsqu’elles seront
perturbées par la perte de confiance et la peur.

On peut dire de nous que nous sommes des rêveurs, des radicaux, des rebelles, beaucoup
de choses en fait. O n ne peut en revanche pas nous juger pour cela et encore moins sur la
base des paradigmes d’un système caduque et vieillissant, qui devrait passer la main à la
rénovation de la culture et à la rétablissement des valeurs communautaires entres les êtres
humains.

Le système n’arrêtera pas de perfectionner ses méthodes de domination et nous savons
qu’il ne s’arrête pas aux lois. Une manière d’étendre cette domination est à travers la
psychiatrisation des comportements gênants comme l’a dernièrement été la rébellion. Cela
donne la possibilité de corriger depuis l’enfance tout indice de questionnement de
l’autorité, et ainsi de favoriser les attitudes soumise par la médication, elle même avalisée
par la science, pour boucler la boucle du contrôle social. Mais soit, s’il faut désobéir à
certains médecins, nous le ferons aussi.

Pour tout ce que nous venons d’exprimer, nous nous déclarons en rébellion joyeuse et
constructive.

Chaque fois nous sommes, et continuerons à être, plus nombreuses et nombreux à désobéir
à toute loi imposée par des tribunaux bien éloignés de nos vies et soumis à des lois
supérieures datant d’une autre époque. Si elles avaient un caractère religieux, de nos jours
cette divinité s’est muée en argent, en avarice, en égoïsme et en destruction de la Terre et
de la dignité humaine.

Nous déclarons ouvertement notre désobéissance aux systèmes judiciaires des Etats et à
tous les outils dont ils disposent pour tenter de nous empêcher de passer à la pratique notre
volonté profonde d’émancipation et de reconstruction de l’esprit communautaire.
Sans sentiment de soutien mutuel, sans pratique de solidarité, la vie en société des
humains aurait été pratiquement impossible. Ces sentiments et ces pratiques n’ont pas été
établis par les lois : leur existance est bien antérieurs à toutes les lois. Ils proviennent de
l’expérimentation et de l’apprentissage concret de génération en génération ainsi que de la
coopération nécessaire pour maintenir la cohésion sociale.

L’hospitalité, le respect de la vie, le sentiment de réciprocité, la compassion, le soutien
mutuel, le fait de s’autolimiter pour faire prévaloir l’intérêt de la communauté entre autres
choses, sont les conséquences du vivre ensemble entre des personnes libres, adhérant à des
principes communs et non soumises à une quelconque autorité externe à leur vie
collective.

Nous avons besoin d’une nouvelle instutionnalité de droits et de devoirs fondée sur des
valeurs socio-politiques communautaires. L’évaluation et l’amélioration des
comportements au sein de la société doit revenir à l’échelle humaine. Elle doit se faire en
proximité, entre les personnes qui se connaissent, qui ont des principes communs, qui se
font confiance, coopèrent réciproquement et peuvent se regarder droit dans les yeux.

Enric Duran Giralt
20/02/2013

Lettres públiques entre Enric Duran et Zone a Defèndre (ZAD)

Camarades de la Zone À Défendre (ZAD),

Je vous écris à titre personnel, en tant que membre de la Coopérative Intégrale Catalane et du groupe instigateur de l’appel pour la Révolution Intégrale.

Comme vous le savez, à la suite de la diffusion publique de mon action de désobéissance face à la justice et du récent appel à la Révolution Intégrale (http://www.integrarevolucio.net) nous avons repris contact avec des personnes actives sur la ZAD.

“Nous suivons avec beaucoup de respect et d’intérêt la lutte pour la défense et la préservation du bocage nantais, face à ce monumental aéroport que ceux-d’en-haut veulent imposer coûte que coûte.”

De notre côté, nous avons débuté et renforcé un processus accéléré de construction d’une autre société au travers de notre démarche de Coopérative Intégrale; une structure dans laquelle il est possible de vivre dans le respect du bien commun. Vous pouvez découvrir plus en détail l’évolution du projet des Coopératives Intégrales en suivant ce lien :
http://enricduran.cat/es/el-tiempo-del-si/

Depuis l’été dernier, nous travaillons à générer une proposition d’espace politique et idéologique international avec des camarades issus d’autres collectifs. Il s’agirait aussi d’un espace de soutien mutuel et de solidarité entre les mouvements d’auto-organisation provenant de la base. Nous croyons que le concept de Révolution Intégrale pourrait convenir à cette tâche, même si le plus important est d’avoir en commun ces fondements que nous partageons.

Quand nous avons appris la date de mon procès – c’est à dire très récemment – il nous a paru important de créer la connexion entre ma réponse face à l’autoritarisme judiciaire, et cet appel. Cette dernière semaine, nous avons donc fait coïncider ces deux informations; elles représentent toutes deux l’amorce d’un tournant important dans notre action.

Mardi dernier, je ne me suis pas présenté à la farce judiciaire orchestrée en mon honneur.
On requiert contre moi huit ans de prison pour m’être rapproprié une petite partie du patrimoine collectif que la banque a volé au peuple. Plus d’information sur ce sujet : http://7seizh.info/2013/02/13/catalogne-desobeissance-civile-pour-enric-duran-le-robin-des-banques-catalan/

Étant donné que nous n’accordons aucun crédit au système judiciaire de l’État – comme au reste des institutions représentant le pouvoir – nous persisterons sur cette voie [de désobéissance] jusqu’à ce qu’on laisse nos camarades en paix, tout en continuant à construire une autre société, à partir de la rébellion.

Je crois comprendre que nous sommes en phase: Vous avez généré une importante expérience d’auto-organisation et d’autonomie et, comme la nôtre, votre réalité est en train de se transformer grâce au temps de création collective que vous vivez au quotidien.

Résistance et autonomie ; désobéissance et autogestion, sont deux dimensions d’un même chemin vers le monde que nous voulons.

Les zapatistes, dont notre action s’inspire beaucoup, ont récemment formulé un appel à cet objectif constructif que de plus en plus de mouvements à travers le monde considèrent comme une manière de faire la révolution ; ils l’ont appellé “El Tiempo del Si”, “Le Temps du Oui”. Votre lutte fait aussi partie des éléments importants de cet appel à la Révolution Intégrale; elle force le respect.

Nous pensons que votre participation sera importante pour impulser ce processus de rencontre pour la Révolution Intégrale, tant à l’échelle la plus locale que dans l’ensemble de l’Europe et du monde.

Votre lutte est notre lutte : notre autonomie est la vôtre.

Enric Duran
15/ 02/2013

Asile politique sur la ZAD pour Enric Duran

Enric Duran (le Robin des Banques Catalans) écrit aux camarades de la ZAD. En lien avec l’appel du Sous Commandant Insurgé Marcos, El tiempo del Si/ Le Temps du Oui

Parce que ce sont les politiques et les banquiers qui devraient être jugéEs, pas les activistes !

En 2008 et 2009, Il a exproprié 492 000€ auprès de 39 banques par le biais d’opérations de crédit, reversant la totalité de la somme dans les mouvements sociaux et la publication de deux journaux gratuits à diffusion massive. Cette action poursuivait plusieurs buts : dénoncer le système bancaire, et plus largement le système capitaliste, amorcer un mouvement fort de construction d’une autre société depuis la base, “ici et maintenant”.Enric Duran est poursuivi au pénal par la fiscalité et 14 des établissements bancaires concernés. Il risque 8 ans de prison.

Ses droits fondamentaux à se défendre, à appeler des témoins à la barre, à la présomption d’innocence, ne sont en rien respectés. C’est par le pur fruit du hasard qu’il a appris la date de son procès, et ce seulement 3 semaines avant l’échéance. Les expulsions et les suicides de plus en plus nombreux qui en découlent sont au coeur de l’actualité espagnole, et le peuple est de plus en plus remonté contre ces banques qui souhaitent voir “le Robin des Banques” derrière les barreaux. Normalement, on ne passe pas au pénal pour endettement, mais à priori, ce surendetté est particulièrement gênant … L’insolvabilité est une force selon lui

Il ne se reconnait de toutes façons pas de ce système et de ses lois qui oppriment. Enric a déjà désobéit par deux fois, communiqués de presse à l’appui aux convocations de la Cour Provinciale de Barcelone. Les constructions d’alternatives en Catalogne ont tant et si bien évolué que la Coopérative Intégrale Catalane se substitue progressivement à l’Etat, offrant de nouveaux espaces de liberté.

Enric s’adresse à présent aux camarades de la Zone A Défendre http://enricduran.cat/es/camarades-… dans la lignée de l’appel du sous commandant insurgé Marcos, “El Tiempo del Si”

une réponse venue d’un coin de la ZAD

Asile Politique pour Enric Duran sur la ZAD

Enric,
nous vous saluons depuis Notre Dame Des Luttes, toi et les camarades de la Cooperative Intégrale Catalane, autant que celles et ceux du monde entier qui se reconnaissent dans la Révolution Intégrale.
Nous avons connaissance de cette action d’expropriation massive et de ce qu’elle te vaut aujourd’hui… Une mascarade judiciaire: Tu risques 8 ans de prison pour avoir repris 492 000 € aux banques. De l’argent qu’elles volent aux peuples! Le fisc te poursuit pour que tu paies des impôts sur de l’argent que tu as entièrement redistribué aux mouvements sociaux catalans. Cette somme représente 0,0012% de ce que l’Etat Espagnol a dépensé pour sauver les banques, le tout aux frais du contribuable…
Alors Enric, si l’Etat Espagnol décide de voler ta liberté, ta vie, nous serons heureuses et heureux de t’offrir l’hospitalité et l’asile politique sur la ZAD*!

Nous avons en commun cette volonté de voir le système mortifère qui régit nos sociétés, laisser enfin la place à une autre conception du monde. Que nous résistions frontalement au rouleau compresseur du système ou construisions une autre façon de vivre ensemble, nous participons à un même mouvement. Nous réagissons à un problème d’ordre intégral et mondial. L’urgence est partout, humaine, écologique, sociale… Sur l’autel du profit, on exploite l’humain et on orchestre un saccage environnemental labellisé “HQE “. Les inégalités sont criantes, on restreint sans cesse notre liberté, jusqu’à nous isoler les unEs des autres. Où que l’on vive, les institutions des Etats, leurs polices, leurs lois, servent les intérêts des grandes multinationales. Dans ces conditions, comment ne pas désobéir? La désobéissance aux lois des Etats — tous corrompus — est vitale, en France, en Espagne au Mexique et partout dans le monde. La souffrance que génère le capitalisme est le pain quotidien d’une grande partie de l’humanité. Mercredi 13 février, un Nantais, Djamal Chaâr, s’immolait par le feu devant le Pôle Emploi dont il dépendait. Ce geste terrible n’est pas un acte isolé: ces dernières années en France, une quinzaine de personnes désespérées par leurs conditions de vie, se sont immolées par le feu. Il aura fallu le sacrifice de Mohammed Bouazizi pour que la Révolution du Jasmin embrase les pays arabes. Plutôt que de nous sacrifier pour cette dictature économique qui consume même nos vies, oeuvrons pour que la Révolution Intégrale soit celle du savoir vivre.

La ZAD, c’est 1650 hectares de terres vivaces et des dizaines de milliers d’hectares autour, menacés d’urbanisation stérile. Depuis la fin des années 60, cette zone de bocage a été défendue et préservée d’un projet d’aéroport inutile, couteux et dévastateur, dont les profits auraient dû enrichir un peu plus la multinationale VINCI, et ce au détriment biodiversité, de la population locale et environnante. Ce lieu qu’un élan populaire a sauvé de la destruction, nous le voyons comme un terreau pour que d’autres façons de vivre collectivement puissent s’épanouir.

Pour cela nous démontrons chaque jour notre détermination à ne rien lâcher,
en continuant à nous enraciner sur place et en cultivant des liens aves l
es comités de soutien qui feurissent partout et avec d’autres luttes en France et dans le monde où d’autres grands projets nuisibles menacent le

vivant Anti Nucleàire et THT en Normandie, à Bure, No TAV en Italie, Fôret d’Hambach en Allemagne, Fôret de Khimki en Russie, San Salvador d’Atenco au Méxique, bien aû sur en Chiapas, Belo Monte au Brazil, Kulon Progo en Indonèsie… Nous voyons bien que la résistance à ce monde de profit et de gachis, va grandissante. Des liens d’engagement nous unissent qui pulvérisent les frontières artificielles, les bases internationalles d’un autre avenir se dessinent.

Votre expérience autogestionnaire qu’est la Coopérative Intégrale Catalane, sa substitution progressive à l’Etat, nous renforce encore un peu plus dans l’idée que nous pouvons et devons vivre sans capitalisme et sans soumission à sa démence autoritaire ! Alors que notre civilisation englouti tout et elle même sur son passage, cé modele d’organisation collective, permet enfin d’imaginer un futur réaliste pour l’humanité.

Partout où la vie s’oppose à l’asseervissement du profit, partout où la rebelion s’impose face à l’injustice du pouvoir, nous sommes chez nous. Enric Duran, tu dois rester libre ! Sois bienvenu sur la ZAD, sois bienvenu chez toi ! La ZAD est partout ! Révolution Intégrale !

*(ZAD Zone A Défendre, Zone d’Autonomie Définitive, Zone Anti Dépression, Zone Antagoniste Dématérialisée….)